Bien que le passage au troisième tour des éliminatoires jumelées de la CAN et du Mondial 2010 ait fait naître les espoirs les plus fous chez les inconditionnels des Verts, le sélectionneur national, Rabah Saâdane, a préféré jouer la carte de l'optimisme mesuré. Dans le long entretien qu'il a accordé hier à Liberté Foot, Rabah Saâdane a, en effet, estimé que “l'EN n'avait pas encore atteint le niveau qui peut nous valoir une qualification au Mondial”. “Loin s'en faut, précisera-t-il, dans la mesure où notre équipe nationale est encore loin du niveau requis et ce, même si se classer premier d'une poule où il y a le Sénégal, la Gambie et le Liberia, c'est pour moi, concède-t-il, un authentique exploit.” “La CAN 2010, c'est à mon sens un objectif raisonnable, alors que parler du Mondial, c'est par contre se mettre une pression positive. Une motivation vitale. Mais entre le souhait et la réalité, il y a tout de même une marge”, argumentera Rabah Saâdane, non sans rendre le mérite de l'exploit qualificatif à “la victoire contre le Sénégal à Blida et non au nul de la Gambie à Dakar”. Ouvrant le grand chapitre des internationaux algériens, Saâdane s'est félicité du fait que ses joueurs “ont appris surtout à vivre ensemble”. “Aujourd'hui, ils forment une famille. Il n'y a plus de clivages entre les joueurs locaux et les joueurs expatriés. Les deux camps s'apprécient, se respectent”, soulignera-t-il fièrement. Dans un registre plus technique, le driver national a reconnu qu'“en attaque, l'EN avait des lacunes”. “Il faudra donc chercher des attaquants capables de combler cette insuffisance” préconisera-t-il, en annonçant que “d'ici le premier match prévu au mois de mars, il y aura du nouveau en attaque”. Des nouveaux visages professionnels, précisera toutefois Saâdane étant donné que, admet-il, “les Hemani, Segueur et autre Ziaya sont encore loin du niveau requis”. Evoquant sans ambages les cas d'Ammour et de Hadj Aïssa, le sélectionneur national a été très clair. “Ammour c'est un génie du football. Mais il souffre d'une lacune liée à son incapacité à supporter une grande débauche d'énergie et un travail de récupération gigantesque et continu. Hadj Aïssa, pour sa part, est un enfant pétri de qualités mais il ne travaille pas suffisamment. Face à son jeu brouillon, l'attitude passive des gens à Sétif l'a finalement cassé. S'il travaille convenablement et qu'il suit les consignes tactiques, Hadj Aïssa peut de nouveau revenir à son meilleur niveau et regagner sa place en équipe nationale, tout comme Ammour d'ailleurs”, indiquera Saâdane et d'insinuer que “même Djebbour peut bien revenir en équipe nationale, à condition qu'il accepte la ligne de conduite tracée”. Son contrat d'objectifs qui sera reconduit pour l'ultime phase des éliminatoires, sa décision de rendre au temple olympique du 5-Juillet, sa vocation de chaudron des Verts et, surtout, son souhait manifeste d'hériter des Pharaons d'Egypte comme adversaire et concurrent pour le Mondial ont, du reste, constitué les autres axes développés par Rabah Saâdane dans l'édition d'hier de Liberté Foot. F. H.