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“Les soulèvements des jeunes sont un danger réel”
Zoubir Arous, sociologue et membre du CREAD
Publié dans Liberté le 21 - 10 - 2008

Membre du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) et professeur de sociologie à la faculté des sciences humaines, Zoubir Arous pense que la politique des pouvoirs publics envers les jeunes est en total déphasage avec leurs aspirations.
Comment évaluez-vous la gestion des pouvoirs publics du dossier de la jeunesse ?
Dans la politique générale du pays, les jeunes sont un chiffre, un pourcentage. On parle de 70% de jeunes, de tant de scolarisés et de tant de chômeurs. Des chiffres rigides. Ce qu'il faut, c'est de regarder la jeunesse autrement. C'est une génération qui a sa propre culture, ses propres valeurs, son propre langage. C'est la génération du Bluetooth, du face-book. Les jeunes ont un code social qui exprime leur propre vision du monde, comment ils veulent vivre. Ils ne sont pas qu'un chiffre mort et mortel.
Pourquoi dites-vous mortel ?
l Parce qu'on a élaboré une politique totalement en déphasage avec les aspirations des jeunes qui a engendré une jeunesse perdue, sans appartenance à une patrie dans “sa tête”. On a appris à ces jeunes que l'histoire commence en 1962, qu'il n'y a pas d'autre culture que celle qu'on leur a imposée. On leur a montré ce qui est le bien et le mal, selon des croyances imposées. On a voulu leur dire que l'histoire a commencé, hier. On leur a dit que 1962, c'est l'indépendance, c'est l'espoir. Puis au fil des ans, cette indépendance a commencé à signifier le chômage, la hogra, l'injustice et la non-équité. On a fermé la sphère sociale pour que le jeune ne vive plus en tant que jeune. Tout est haram, ne se fait pas.
Le harraga est à la recherche de quoi finalement ?
Il y a un adage qui dit : “Vaut mieux être mangé par les poissons que par des vers de terre”. Les jeunes refusent la mort tant qu'ils sont vivants. Le harraga ne fuit pas le chômage, ne traverse pas la mer pour travailler. Le chômage n'est peut-être qu'un aspect. Sinon pourquoi ne part-il pas en Arabie Saoudite. Pourquoi choisit-il les pays occidentaux. C'est pour la liberté. Il choisit son mode de vie. Mais une fois là-bas, il se heurte au rejet de l'autre société. Alors, il lui faut une harga supplémentaire dans la société qu'il a rejoint. Il s'adonne au vol et entre de plain-pied dans le monde de la criminalité. Les jeunes recourent de plus en plus au suicide parce qu'ils ne trouvent pas l'environnement dans lequel ils veulent vivre. Par l'acte suicidaire, ils veulent donner un sens à leur existence. Pareillement, le kamikaze est un suicidaire. Il veut montrer qu'il existe en détruisant des gens, des vies.
Que risque le pays si les émeutes ne cessent pas ?
Les émeutes qui se déclenchent ici et là, à Tizi Ouzou, Berriane, Laghouat, signifient que la déperdition de la jeunesse est un phénomène qui se généralise. Les jeunes ont un code unique. Ce qui se passe ici doit arriver ailleurs. Les soulèvements des jeunes sont un danger réel. Premièrement, parce que ces révoltes ne sont encadrées par aucun parti politique ou mouvement associatif qui peuvent tracer les limites à ne pas dépasser. Nos jeunes ne croient ni à une société civile ni aux formations politiques, qu'ils pensent corrompues. Elles sont toutes les deux rejetées par une jeunesse qui veut arriver au changement par l'anarchie. Cela va nous faire perdre beaucoup de temps et même des vies. Perdre nos ressources économiques et nos capacités intellectuelles puisées dans la jeunesse. La jeunesse est la force vivante sur laquelle est construite toute société. On ne résout pas les problèmes du pays en augmentant les députés, mais en prenant en charge de manière sérieuse et globale les problèmes des jeunes en fonction d'une stratégie adaptée. C'est à cela que devraient appeler nos parlementaires, car on est en pleine régression dangereuse. L'idée de la violence s'enracine dans la société. On nage en pleine irrationalité. On revient aux années 1930 et bien au-delà.
Pensez-vous que les décideurs sont conscients de la gravité de la situation ?
Ils sont conscients du problème et ses dimensions, malheureusement, ils ne sont pas capables de tracer un plan clair pour prendre en charge cette jeunesse. Prenons les solutions arrêtées pour résorber le chômage. C'est de l'esclavagisme. Payer un jeune 2 000 DA par mois, c'est de l'exploitation pure. La jeunesse est un dossier très important. Si les décideurs ne saisissent pas sa portée, ils ne pourront pas résoudre ses problèmes. Dans un moment de faiblesse, le jeune va être tenté par une idéologie, par des dogmes les plus simples et simplistes qui donneront un sens aux suicides multiples qui sont l'acte kamikaze ou d'émigration clandestine. Je ne suis pas d'accord avec le Président quand il a dit qu'il n'a pas trouvé de gens compétents pour les nommer walis délégués. Le même jour, le directeur général de Djezzy a affirmé que son entreprise a réussi grâce aux jeunes cadres. Comment une boîte étrangère peut faire des miracles avec nos jeunes et nous, nous n'arrivons pas à trouver des cadres compétents ?
Où se situe la défaillance du mouvement associatif et des formations politiques ?
Il faut un changement radical. Se départir de cette mentalité d'appartenance. En ce moment, on n'a pas de partis politiques libres. C'est un parti unique dans le cadre du multipartisme. C'est une catastrophe. On est en train de s'acheminer de plus en plus vers une société basée sur l'exclusion et la destruction. “Je ne suis pas d'accord avec toi, alors je te détruis.” À cela s'ajoute un discours régionaliste très inquiétant.
N. H.


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