Le patron du RND a tenu à sensibiliser ses élus sur la campagne qu'ils devront mener sur le terrain afin de convaincre les citoyens des enjeux de la révision de la loi fondamentale. “La machine du RND est mobilisée pour faire la campagne.” Conclusion d'Ahmed Ouyahia, SG du parti, qui a réuni, hier, ses parlementaires en prévision du vote d'aujourd'hui, mais qui les place d'emblée dans la campagne présidentielle de 2009. Devant une assistance acquise au projet de révision constitutionnelle, le patron du RND s'est livré à un exercice d'explication des articles amendés ou introduits ainsi que les motifs justifiant la nécessité d'apporter des correctifs à l'actuelle constitution qui renferme quelques “bizarreries”. Outre les constantes, l'hymne, l'emblème national et l'histoire, des articles devenus intouchables, l'introduction de la notion de Premier ministre, une première dans le pays, alors que partout dans le monde, il n'existe plus de chef du gouvernement, se justifie par le fait que l'exécutif est chargé de “matérialiser” le programme du président. Cela va également enlever “une autre bizarrerie algérienne” qui est de tenir un conseil de gouvernement et un conseil des ministres pour “endosser puis adopter” des textes de loi, selon Ouyahia qui plaide implicitement pour un régime présidentiel et la suppression du bicéphalisme du régime actuel qui est “présidentialiste”, c'est-à-dire, semi-présidentiel héritage gaullien. Il justifiera, rétorquant aux voix opposées au troisième mandat, la levée de la limitation des mandats par le respect de la volonté populaire. Le choix est, selon lui, “entre la censure d'une volonté populaire et la garantie de la souveraineté populaire”, exprimées directement ou par la voix des élus. Par ailleurs, l'aval du conseil constitutionnel pour les amendements rend inutile tout débat. Il reprendra également les mêmes arguments et exemples des pays cités par les opposants : la France, les Etats-Unis, pour expliquer qu'ils ont, eux aussi, à un moment opéré des changements tel le troisième mandat (Roosevelt) ou le bicéphalisme français qui a conduit (Mitterrand et Chirac) à des crises. Le projet, selon lui, met, notamment en matière de droits des femmes, l'Algérie au même pied d'égalité que des pays qu'on pensait en retard. Des pays comme le Maroc, la Tunisie ou encore le Soudan sont bien loin devant l'Algérie en la matière. Le but de la réunion d'hier était surtout d'armer les élus du parti d'arguments, eux qui sont appelés à faire du terrain pour expliquer aux populations les enjeux de ce projet de révision. Projet, faut-il le rappeler, adopté au même titre que le troisième mandat, par le 3e congrès du RND et son dernier conseil national. Le RND se place ainsi, d'ores et déjà, dans la campagne électorale, le vote des amendements étant quasiment acquis. Djilali B.