Les professionnels de la santé ont affiché leur engagement à poursuivre leur mouvement de protestation malgré les menaces de la tutelle. Les blouses blanches sont revenues, hier encore, à la charge en répondant favorablement au rassemblement de l'hôpital Parnet, avec la ferme résolution de ne pas céder sur aucune de leurs revendications socioprofessionnelles, et cela, malgré la réaction hostile de la tutelle. Après une petite accalmie, la colère des patriciens de la santé publique, tous corps confondus, commence à monter. Même scénario pour ce troisième jour de grève que celui observé depuis samedi dernier. Les professionnels de la santé étaient présents sur leur lieu de travail, dès les premières heures de la journée, mais ils étaient tous en arrêt de travail. Les hôpitaux ont tourné au ralenti, avec un service minimum garanti pour les urgences et les soins non ajournables. Vers les coups de 11 heures, ils étaient nombreux à observer le sit-in prévu dans l'enceinte de l'hôpital Parnet. Les accusations et les intimidations de la tutelle, qui a déclenché l'arsenal juridique déclarant la grève illégale, n'ont fait que renforcer les rangs des contestataires et raffermir leur décision d'aller jusqu'au bout, tout en durcissant leur action. Par ailleurs, les différents représentants de syndicats, rencontrés hier lors du sit-in, déclarent n'avoir reçu aucune notification émanant de la justice et se disent étonnés du contenu du communiqué du ministère de la Santé qui, à la fois, menace et appelle au dialogue. “Cette ambivalence dans le discours du ministère est digne d'un comportement schizophrène”, a lancé un syndicaliste convaincu de l'absence de toute volonté de la part du département de Saïd Barkat quant à l'ouverture d'un dialogue sur le secteur de la santé. Le Dr Yousfi, représentant du syndicat national des patriciens spécialistes de la santé publique, a rappelé que depuis son arrivée la tête du ministère de la Santé, M. Saïd Barkat a tenté de rencontrer quelques syndicats du secteur, à l'exemple de ceux des maîtres-assistants et des professeurs et docents, pour débattre des revendications des contestataires même si “celles-ci ne font pas partie des prérogatives du ministre de la santé, mais de l'ensemble du gouvernement et du Premier ministre”. Nullement étonnés par la justice qui a ordonné l'arrêt du débrayage, les grévistes affirment ne pas accorder d'importance à cette décision et promettent d'ores et déjà de radicaliser leurs futures actions si les pouvoirs publics persistent à leur tourner le dos, alors qu'ils (les syndicalistes) ne demandent qu'une écoute du Premier ministre. “Nous n'allons pas suspendre notre grève, car nous n'avons reçu aucune notification de la justice”, ont-il souligné. En tout cas, ils ne sont pas près de renoncer à un combat qui commence à se radicaliser, car, hier encore, le taux d'adhésion au mouvement a dépassé les 80% à travers le territoire national, selon les syndicats du secteur de la santé. S'agissant enfin des revendications, les protestataires réclament, entre autres, le respect et la reconnaissance des syndicats autonomes par le gouvernement comme partenaires sociaux à part entière, l'ouverture immédiate de négociations sur le régime indemnitaire, un statut digne pour les professionnels de la santé et enfin la révision de la grille des salaires et du point indiciaire. Sur ce point, les grévistes n'ont pas omis de fustiger de nouveau “le deux poids deux mesures” de la tutelle qui a procédé à l'augmentation des salaires pour certains secteurs tout en en négligeant d'autres. Nabila Afroun