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Des éditeurs dubitatifs
Avenir de la liberté de la presse et son rôle dans la lutte contre la corruption
Publié dans Liberté le 03 - 05 - 2009

À l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, Liberté a posé deux questions aux éditeurs, Chérif Rezki, Omar Belhouchet, Ali Fodhil, Fouad Boughanem et Abrous Outoudert. Les propos des éditeurs ont été recueillis avant le message du Président adressé hier à la presse.
Question 1 : Le président de la République a déclaré lors de son discours d'investiture que “la liberté de la presse, qui contribue
au projet de la démocratie, sera pleinement respectée. L'Etat reste déterminé à faciliter l'exercice de cette fonction et œuvrera
à la développer”. Que pensez-vous de cet engagement ?
Question 2 : Dans le même discours, le président Bouteflika a insisté sur “le rôle de la presse dans la lutte contre la corruption”.
Dans quelle mesure la presse peut-elle assumer ce combat, sachant que les sources d'information sont quasiment inaccessibles et le délit de diffamation peut être brandi contre la presse ?
M. Chérif Rezki : directeur de publication du quotidien El-Khabar “Les déclarations doivent être suivies par des actes”
Même si nous sommes obligés de garder l'espoir pour pouvoir continuer, je reste un peu pessimiste, car nous avons l'habitude d'entendre ce genre de discours.
On ne peut qu'applaudir ce type d'initiative, mais il faut que cela soit suivi par des actes. Qui refuserait un Etat démocratique au sens propre : avec une liberté de la presse, le respect des droits de l'homme ainsi qu'une indépendance de la justice… Que demander de plus ? Nous espérons que les engagements du président de la République seront tenus.
Le travail du journaliste est plein d'embûches, l'accès à l'information devient le parcours du combattant. Comment peut-on enquêter sur des dossiers aussi sensibles que la corruption, alors que le champ médiatique est fermé ?
En ce qui concerne notre journal, lorsque nous arrivons à obtenir de l'information, et surtout des preuves à l'appui, nous publions nos dossiers et nous assumons les conséquences. Sans l'ouverture du champ médiatique, la presse ne peut travailler et exercer le quatrième pouvoir.
M. Ali Fodil : directeur de publication du quotidien Ech Chourouk Il faut libérer l'accès à l'information
Que dire de cette déclaration, à part qu'il faut qu'elle soit suivie par des faits qui consolident la liberté de la presse. Ces dernières années, la presse indépendante a subi tous types de harcèlement judiciaire, presque tous les journaux ont des affaires en justice.
La concrétisation des engagements du président Bouteflika, notamment le respect de la liberté de la presse, doit passer nécessairement par la dépénalisation du délit de la presse qui pèse lourd sur les journalistes et les éditeurs.
Ech Chourouk a publié plusieurs dossiers liés à la corruption avec certains documents à l'appui. Résultat : près de 20 affaires en justice pour diffamation. Suite à cela, nous avons décidé de modérer nos publications.
Pour lutter contre la corruption, il faut libérer l'accès à l'information. Comment peut-on enquêter sur la corruption, alors que le journaliste rencontre des problèmes qui entravent l'exercice de sa fonction ? Il faut lever toutes ces contraintes pour arriver à une presse libre, responsable et indépendante.
M. Fouad Boughanem : directeur de publication du quotidien Le Soir d'Algérie “L'acte le plus important est la dépénalisation des délits de presse”
Il faut dire que c'est une petite phrase et un principe général qui est posé. Le pouvoir politique a su produire des discours souvent flatteurs à l'égard de la presse nationale, mais sur le terrain rien n'est encore fait. Concrètement que signifie la liberté de la presse pour le président de la République ? Jusqu'à l'heure actuelle, nous ne connaissons pas le concept pour le président Bouteflika de la liberté de la presse. Nous n'avons aucune idée. Les deux mandats précédents n'étaient pas la meilleure période de la presse indépendante. Parler maintenant de la liberté d'expression à l'aube d'un troisième mandat… nous attendons des faits ! L'acte le plus important est la dépénalisation des délits de presse, sans cela nous ne pouvons pas parler de la liberté d'expression. Tant que l'épée de Damoclès flottera au-dessus de la tête des journalistes, le fonctionnement de la liberté de la presse sera amputé d'une manière ou d'une autre. Jusqu'à aujourd'hui, ce discours n'est que des mots, d'ici là, nous verrons si les faits suivront.
Plusieurs dossiers liés à la corruption ont été soulevés par la presse indépendante. Avec tous les articles et les enquêtes publiés, il n'y a eu aucune information judiciaire ouverte. Alors, comment peut-on lutter contre la corruption, s'il n'y a pas de suivi. Sans cela, les dossiers dévoilés par la presse ne seront que des coups d'épée dans l'eau.
M. Omar Belhouchet : directeur de publication du quotidien El Watan “Les règles doivent changer”
Je me réjouis des propos tenus par le chef de l'Etat. Afin de concrétiser ces engagements, j'estime qu'il y a un certain nombre de conditions à réunir pour que la liberté de la presse soit respectée pleinement dans notre pays. Harcèlement judiciaire, lourde amende et emprisonnement, le climat où évolue le champ médiatique ne favorise pas le travail journalistique. Les propos du président de la République doivent être accompagnés, assez rapidement, d'une refonte du champ médiatique et dépénaliser les délits de presse. Les journalistes ainsi que les éditeurs sont prêts à se mobiliser pour faire des propositions et notamment revoir la loi sur l'information qui est archaïque. Les journalistes et les éditeurs ne peuvent plus travailler dans un contexte qui se dit protecteur de la liberté de la presse, alors qu'une épée de Damoclès est au-dessus de leur tête. Il est, également, important de libérer le champ audiovisuel, car malheureusement l'opinion publique algérienne se fait par le biais des canaux étrangers, notamment les télévisions arabe et française.
Nous sommes des journaux d'information et nous traitons l'actualité, parmi cette dernière, il y a des faits de corruption. Il s'agit là d'enquêtes journalistiques approfondies non de colporter des rumeurs ou de diffamer. Le rôle de l'Etat consiste à faciliter l'accès à l'information afin de publier un travail fini. Cependant, souvent les journalistes se retrouvent aux tribunaux pour des dossiers divulgués — chose qui est tout à fait normale —, mais ce qui est inadmissible, c'est de condamner les journalistes ainsi que les éditeurs dans la majorité de ces affaires. J'estime que les règles doivent changer, nous sommes justiciables et nous devons répondre de nos écrits, mais lorsqu'il s'agit d'affaires sensibles, la justice doit être plus sereine. Les autorités doivent respecter le travail journalistique et ne pas appliquer la politique de la main lourde.
Abrous Outoudert : directeur de publication du quotidien Liberté “qu'en est-il du fond du projet démocratique ?”
Quand c'est le premier magistrat du pays qui parle, surtout en un moment aussi solennel, celui d'une investiture, il faut aller au corps du texte. Ce dernier dit que la liberté de la presse sera respectée, si elle participe au projet démocratique. Dans la forme, c'est bien dit, mais qu'en est-il du fond ? Ce projet démocratique émane-t-il de la base et de la plus large majorité possible ou alors la profession sera-t-elle un simple exécutant d'un projet auquel elle n'a pas adhéré ? Toute la question est là surtout que le président, en dix ans de pouvoir, n'a jamais reçu la presse nationale ni accordé un entretien, exception à Liberté en 1999, mais il n'était encore que candidat. Je me souviens encore de sa célèbre phrase “Abassi Madani n'a pas à juger de la longueur de la jupe de Khalida Messaoudi et Khalida Messaoudi de la longueur de la barbe de Abassi Madani.” Depuis, l'intérêt s'est transporté vers les médias étrangers. A-t-il changé ? L'avenir nous le dira...
Le problème de la corruption relève des institutions spécialisées, comme l'Observatoire de la lutte contre la corruption dont on n'a connaissance d'aucun rapport et dont les membres n'ont pas été renouvelés. Parler d'un flagrant délit de corruption d'un petit fonctionnaire qui a de la peine à joindre ses fins de mois est ridicule même si l'acte en lui-même est répréhensible. Mais les gros bonnets ne tombent que quand on veut qu'ils tombent et on le fait alors savoir à la presse. Sinon, c'est un procès en diffamation, atteinte à l'intégrité quand on ne vous traite pas d'agent de l'étranger. Mais cela viendra avec un journalisme d'investigation surtout si le journaliste peut prétendre à une certaine protection des services de l'Etat.
N. A.


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