Après l'agression dont elle a été victime le jour de son arrivée au Caire, et la mise en garde sévère de la FIFA (quoique là…), la délégation de l'équipe nationale de football croyait en avoir peut-être fini avec les provocations égyptiennes. D'autant plus que les joueurs ont pu sortir pour aller accomplir la prière du vendredi dans une mosquée non loin de l'hôtel Iberotel dans une ambiance relativement calme, même si on a noté la présence d'un service de sécurité impressionnant autour de la mosquée. Ouvrons ici juste une parenthèse pour dire que les chaînes de télévision égyptiennes ont exploité à satiété les images du bus de l'équipe nationale roulant vers la mosquée au milieu de la foule pour étayer de nouveau la thèse d'un accueil chaleureux de “nos frères algériens”. Et surtout pour faire oublier les images de l'agression qu'elles ont pris soin de censurer mais qui sont, malheureusement, pour elles, passées sur les différents sites d'internet, notamment. Bref, l'EN croyait donc être au bout de ses peines. Et bien non, lors de son déplacement, vendredi soir, pour la séance d'entraînement au stade du Caire, l'EN a mis plus d'une heure pour rejoindre l'hôtel au retour alors que le chemin est censé être parcouru au maximum en un quart d'heure. Pourquoi ? Et bien, le chauffeur du bus a eu la géniale idée de faire le tour du monde, histoire de fatiguer davantage les joueurs. Le chauffeur n'a pas agi seul, bien sûr, il exécutait un ordre de la Fédération égyptienne de football, présidée par un certain Samir Zaher qui a promis d'en faire voir aux Algériens des vertes et des pas mûres. Il faut rappeler que le chauffeur du bus s'est joint à ceux qui prétendaient, maladroitement, que ce sont les Algériens qui ont cassé eux-mêmes les vitres et qui se sont donc auto-blessés. Son témoignage écœurant aura fait le tour des chaînes satellitaires égyptiennes. Autres tracasseries de la délégation algérienne, les membres qui accompagnent l'équipe ont été interdits, vendredi, de sortir de l'Iberotel pour, soi-disant, des raisons de sécurité. Certains d'entre eux nous ont confié qu'ils ont vécu une journée pourrie, cloîtrés à l'intérieur de l'hôtel comme si c'était une prison.