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C'est le destin !
“LES DERNIERS JOURS DE LA VIE D'ALBERT CAMUS” DE JOSE LENZINI
Publié dans Liberté le 05 - 01 - 2010

C'est le destin, maktoub ou fatum. Chacun l'appelle comme il le souhaite ! Albert Camus a choisi de l'appeler Absurde, et il est allé au bout de sa réflexion, en périssant dans un absurde accident de voiture. Et pourtant, Albert n'est pas tout à fait le vaincu puisqu'il est parti avec honneur et les honneurs.
Il est très difficile d'écrire sur un homme qui a marqué la littérature de tout un siècle. Il est encore plus difficile d'écrire sur un récit qui s'apparente à une biographie des derniers jours de la vie de cet homme. Difficile dans la mesure où on fait souvent l'amalgame entre les deux hommes et on tombe dans un travers que beaucoup de critiques et théoriciens de la littérature rejettent : l'indissociabilité entre une œuvre et son créateur.
On est là en plein dans le XIXe siècle, une époque où la théorie de la littérature se mettait à peine en place, et où on ne croyait pas en la séparation entre une œuvre et son créateur, que beaucoup d'éléments autobiographiques se faufilent dans la fiction. Dans le récit, Les derniers jours de la vie d'Albert Camus, José Lenzini a eu une démarche totalement improbable dans le début de son ouvrage, car il a mis en relief la relation qu'entretenait Albert Camus avec son œuvre. Une relation, certes, douloureuse mais qui a eu un effet cathartique, lui permettant ainsi de supporter la vie et son poids. Mais la littérature a quasiment sauvé la vie à Albert Camus puisqu'il a trouvé en celle-ci un lieu privilégié où il pouvait rompre le silence et communiquer. Deux concepts qui ont vraiment manqué à son enfance. La littérature a donc eu un effet salvateur, car bien qu'entraîné dans le silence, Albert n'a pas sombré et encore moins renoncé. Dans la première partie du récit, José Lenzini rappelle à son lecteur à quel point le destin a été présent dans la vie d'Albert Camus. Et surtout, que ce que tout le monde appelle destin n'est autre que la fatalité pour l'écrivain. C'est comme un euphémisme en fait : pour expliquer l'absurdité du monde, l'innocuité de tout et l'inutilité de toute chose, les mortels se mentent à eux-mêmes en utilisant un mot à la fois séduisant et dangereusement menteur : destin ! C'est par là, le premier signe de résistance chez Albert Camus. On découvre dans ce récit, une autre facette de la personnalité du Nobel 1957, sa très grande passion pour le football. Albert Camus adorait le foot et occupait le poste de gardien de but. Et cette information n'est pas anodine car le gardien de but est avant tout un solitaire et un observateur. C'est quelqu'un qui est totalement exclu du jeu, mais qui pourtant a un pouvoir décisif et déterminant dans le succès ou l'échec de l'équipe. Mais pas tout le temps et pas durant les quatre-vingt-dix minutes de jeu.
Silence et solitude !
La vie d'Albert Camus aura été comme une partie de football. L'humanité toute entière serait l'équipe, Albert est bien sûr le gardien des bois et il observe, tout en agissant parfois, en écrivant des livres. À l'issue de la partie, le score est un nul, mais Albert aura fait des arrêts décisifs, avant qu'il ne prenne un ballon sur la tête qui l'arrache à la vie. Malgré une existence de quarante-sept ans, il a réussi à écrire en lettres d'or son nom au “panthéon”… des grands hommes qui ont marqué le XXe siècle. José Lenzini passe en revue toute les autres facettes de la personnalité de Camus : son engagement politique, son rapport aux femmes, à l'Algérie et à sa mère. Sa mère est sa plus grande histoire d'amour. Plus que l'Algérie qui chérissait, plus que les femmes qu'il séduisait mais qu'il n'arrivait à aimer parce que déjà tourmenté par un amour compliqué et tourmenté avec sa mère, qui ne parlait que difficilement, ne lisait pas et ne comprenait de ce qu'on lui disait que quelques bribes. Ce qui est terriblement touchant dans cette histoire, c'est que Camus a dédié toute son œuvre à cette mère, et même dans la mort, c'est vers elle que sont allées ses pensées. José Lenzini cherche à reproduire les discussions, les sensations, les perceptions, mais dans un sens, il a pris trop de liberté, notamment en reproduisant des conversations et en faisant parler l'auteur et les personnes, comme s'il était présent avec eux. Cette liberté est importante certes, mais ce sont des interprétations qui décrédibilisent un peu et lui donnent un côté “mystificateur”. Toutefois, la plus grande réussite de ce récit réside dans sa sensibilité et dans sa manière judicieuse de reprendre la définition de Lucien Goldmann de la révolution, qui pourrait être généralisée en incluant la vie tout simplement. Goldmann écrit dans le Dieu caché que “la révolution c'est l'engagement des individus dans une action qui comporte le risque, le danger d'échec, l'espoir de réussite, mais dans laquelle on joue sa vie”. Et c'est exactement ce qu'a fait Albert Camus (même si lui préférait parler de résistance et non de révolution), ce qu'a tenté de reproduire José Lenzini, et ce que chacun d'entre nous doit faire pour que la vie vaut la peine d'être vécue.


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