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“Nous avons tout perdu”
Intempéries dans la wilaya de Tipasa
Publié dans Liberté le 02 - 11 - 2002

La pluie a trouvé un allié de circonstance inespéré : la boue.
Les fortes précipitations enregistrées, hier matin, dans la wilaya de Tipasa ont causé des dégâts matériels considérables. Dans les localités de Bou-Ismaïl, Fouka, Koléa et Khemisti. Plusieurs habitations ont été sérieusement endommagées par les eaux. Selon les témoignages des sinistrés, le niveau d'eau a atteint par endroits plus d'un mètre. Affolés, ces derniers se sont subitement rappelés Bab El-Oued et le drame du 10 novembre.
L'ampleur des dégâts n'est évidemment pas de commune mesure mais l'atmosphère vécue dans la région a été aussi triste. Tout le long de la route nationale n°11, celle reliant Alger à Tipasa, les stigmates des intempéries s'affichent graduellement ; au fur et à mesure que l'on s'approche des zones touchées, des monticules de boue jonchent les bords de la chaussée. En cette journée de commémoration du 1er Novembre 1954, l'air est tristounet. La circulation est fluide. Les brèves éclaircies laissent rapidement place à des averses. À l'entrée de Bou-Ismaïl, des habitants tentent de dégager la boue qui s'est amoncelée devant leur domicile. Certains ont le pantalon retroussé. Les flaques d'eau, notamment en contrebas de la ville, les narguent encore.
“Route inondée.” Un petit panneau, placé au milieu de la rue principale, indique aux automobilistes les déviations à emprunter. Des policiers sont postés dans différents endroits pour faciliter la circulation. “Pendant toute la matinée, ce tronçon a été coupé, les usagers contournent par le bas”, renseigne un sinistré. Dans toute la ville, les eaux se sont mélangées à la boue pour offrir un décor rougeâtre et éblouissant. Des pelleteuses dégagent la boue et les gravats de bitume arrachés au sol. Des petits murs de soutènement se sont effondrés sous la forte pression des averses.
Le siège de la Protection civile est en état d'alerte. “Nous avons envoyé toutes nos équipes dans les zones sinistrées et nous avons demandé des renforts à l'unité centrale. Plusieurs quartiers et localités sont touchés. Jusqu'à maintenant (14h30) aucun décès n'a été enregistré.Trois personnes ont été hospitalisées à la polyclinique de Bou Ismail mais leur état n'est pas inquiétant.” Ce premier bilan des pompiers est donc rassurant. Un groupe de quatre personnes nous interpelle : “Venez nous voir là-haut, il ne nous reste plus rien”, invite l'un d'eux.
Leurs habitations se trouvent sur les hauteurs du chef-lieu d'APC, au lieu-dit Ferme Aouf-Boualem. Un mot résume la situation : désolation. Ce père de deux enfants pleure à chaudes larmes. Sa petite fille dans les bras, il se demande où pouvoir passer la nuit. Dans — et autour de — cette ferme vivent des dizaines de familles. La plupart sont parquées dans des habitations précaires : des baraques faites de parpaings et soutenues par des roseaux. Entre 5h et 10h, en ce 1er novembre, la pluie a été si abondante, si violente qu'elle a failli les engloutir. Mais ce qui en reste n'est guère reluisant, au point d'ailleurs que notre bonhomme, abattu, se demande où crécher avec ses bambins et sa jeune femme.
La ferme est à mi-chemin entre Bou-Ismaïl et la ville de Chaïba (du côté de Koléa). Les bidonvilles font face à de belles villas, “celles-ci coûtent des milliards”, indique-t-on. Les locataires des gourbis savent ce qu'on leur reproche : ils sont coupables de constructions anarchiques. L'homme aux deux enfants le confirme du reste : “J'ai moi-même bati ma maison.” N'empêche, le désarroi le gagne à l'instar de ses voisins. Des voisins sur la brèche depuis l'aurore pour tenter de dégager la boue. “Les eaux n'ont rien laissé. Depuis 5h, je n'ai pas bougé d'ici. Ce qui me désole le plus, c'est l'absence des autorités. Personne n'a daigné se déplacer pour s'enquérir de notre état. Pourtant, nous avons envoyé des émissaires à la mairie et à la Protection civile.”
À l'intérieur des baraques, la boue a, en effet, atteint des niveaux alarmants. Sur les murs, les traces de l'eau renseignent sur l'ampleur des inondations. Un bébé a failli être emporté, n'était la vigilance de son père.
“Vous savez, lors des dernières élections, ils sont venus en grand nombre, dans leurs belles voitures, où sont-ils donc ?”, s'interroge cet homme. “Beaucoup de familles n'auront rien à manger ce soir, intervient un autre. Ces enfants que vous voyez dormiront dans nos bras, même si nos matelas sont récupérabales la boue remplit toujours le sol de nos habitations.”
D'autres hommes tentent de creuser des tranchées autour des maisons afin de faciliter la circulation de l'eau en cas de nouvelles chutes. Ils font contre mauvaise fortune bon cœur. M. Bensaïdani nous introduit dans sa demeure pour nous faire part de sa situation. “Je suis à Bou Ismail depuis vingt-deux ans, on m'a promis un logement que j'attends toujours.” En attendant, il survit dans deux pièces avec ses sept enfants et sa femme.
Il y a des jours comme cela où le 1er Novembre se confond avec le malheur d'une journée d'automne imprévue.
L. B.


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