Cette décision a été prise par les chefs de délégation du Maghreb en marge des travaux de la 5e conférence de l'OMC. Les ministres du Commerce de l'Algérie, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie se sont entendus à Cancun au Mexique, en marge des travaux de la conférence de l'OMC, sur l'organisation en octobre prochain d'une réunion des experts au secrétariat de l'UMA (Union du Maghreb arabe), pour élaborer un projet relatif à la mise en place progressive d'une zone de libre échange maghrébine. Le projet en question sera soumis à la prochaine réunion des ministres du Commerce de l'UMA prévue avant la fin de l'année en cours. Les quatre ministres ont exprimé leur volonté d'accélérer le processus d'intégration économique maghrébine. Ils ont également noté une convergence claire de leurs points de vue au sujet de l'ensemble des thèmes abordés, lors de la 5e conférence ministérielle notamment. Les ministres ont, à ce propos, affirmé leur soutien à l'initiative sectorielle du coton, présentée par quatre pays africains, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad. Par ailleurs, le projet de déclaration finale de la conférence, présenté devant les 146 pays membres, a suscité moult réactions entre partisans et opposants au texte. Ce dernier a pourtant réaffirmé, estime-t-on, l'engagement de mise en œuvre du programme de travail adopté à Doha (Qatar). Le projet a, en outre, réaffirmé la résolution des pays membres à “mener à bonne fin les négociations lancées à Doha pour la date convenue du 1er janvier 2005”. La déclaration de Doha, à laquelle se réfère le texte proposé aux pays membres, prévoit, en matière d'agriculture, des “réductions substantielles du soutien interne ayant des effets de distorsion des échanges”. En termes plus clairs, tous les pays développés procéderont à des réductions du soutien des produits présentant un intérêt particulier pour les pays en développement sans toutefois arrêter une liste (des produits) et encore moins fixer une date de suppression des subventions. Les pays en développement (PVD) bénéficieront, cependant, d'un traitement spécial et différencié eu égard à leurs besoins en matière de développement, de sécurité alimentaire ou de garantie de moyens d'existence. Il est à noter, néanmoins, que le projet de texte final a été critiqué par plusieurs délégations et des organisations des PVD. L'UE estime que le texte est “fortement déséquilibré”. Plusieurs modifications introduites dans le projet de texte ont été jugées inacceptables ou dangereuses, selon l'analyse européenne. Le texte constitue, en revanche, une “base de discussion acceptable” pour les Européens, a déclaré le commissaire européen chargé du commerce, M. Pascal Lamy. Le chef de la délégation indienne estime, quant à lui, que le texte en question ignore délibérément les vues d'un grand nombre de PVD, notamment leurs motifs d'inquiétude. Avec un même ton, mais pour des motifs différents, M. Loos, ministre du Commerce français, avoue que le texte n'est pas acceptable en l'état et décevant dans les domaines de négociation, jugés importants pour l'Europe. Une chose est certaine, les négociations pour dégager un consensus autour d'un texte de déclaration finale qui sanctionnera les travaux de la 5e conférence de l'OMC se sont avérées jusqu'à hier rudes au moment où les manifestants sont bloqués à 10 km du centre de réunions. B. K.