En football, il y a de ces victoires qui sont doublement précieuses sur le plan technique mais aussi et surtout sur le plan psychologique. Et le beau succès enregistré par la JSK samedi dernier face au Widad de Tlemcen s'inscrit justement dans ce genre de registre car, outre les trois précieux points qui permettent au club kabyle de renouer avec le succès et recoller ainsi avec le peloton de tête, force est d'admettre que ce beau succès d'orgueil des camarades d'Aoudia leur a permis de se retaper sérieusement le moral et de chasser par là même le doute qui pointait dangereusement à l'horizon. D'ailleurs, l'ambiance des grands jours de triomphe était largement perceptible samedi dernier dans les vestiaires kabyles où cette réaction admirable en tout point de vue et hautement salutaire face aux Tlemcéniens a mis beaucoup de baume au cœur comme pour remettre en rail la locomotive kabyle quelque peu grippée en ce début d'hiver précoce sur les monts du Djurdjura. Et du coup, les Canaris se sont mis à regretter amèrement les deux derniers matches nuls concédés à domicile contre l'ASO Chlef (0-0) puis le CR Belouizdad (1-1) qui auraient pu leur permettre de flirter gaiement cette semaine avec le poste de commandement. “C'est vrai que ces deux matches ratés à domicile nous sont restés en travers de la gorge mais disons qu'avec ce total de quinze points, nous ne sommes pas loin de notre tableau de bord escompté en début de saison”, dira le coach suisse, Alain Geiger, qui se voit un peu plus rassuré dans son avenir à la barre technique de la JSK, lui qu'on disait sur un siège éjectable à la veille de la délicate rencontre contre Tlemcen. “Eh bien, dites-vous bien que je ne me suis jamais senti menacé dans mon poste car, contrairement à ce que j'ai lu ici et là, je n'ai jamais perçu le moindre signe de remise en confiance de mes dirigeants encore moins de la part du président Hannachi, qui est un ancien footballeur de haut niveau et donc connaisseur en la matière. Il savait qu'on allait accuser quelque peu le coup après la Ligue des Champions africaine et que l'équipe allait se ressaisir, ce qui est déjà amorcé”, dira encore Geiger. De son côté, le président Hannachi semble quelque peu rassuré après la victoire nette et sans bavure de ses poulains face au WAT, lui qui est sorti de ses gongs la semaine dernière et a dû ruer dans les brancards pour secouer le cocotier. “L'idée de limoger le coach ne m'a jamais effleuré l'esprit et contrairement à ce qui a été écrit ici et là, j'avais une confiance totale en Geiger et tout le staff technique. Je n'avais pas à renouveler la confiance à Geiger car je ne la lui ai jamais retirée et je savais que l'équipe allait se ressaisir après avoir payé le prix fort de tous les efforts consentis en Coupe d'Afrique”, dira le président Hannachi qui a exhorté le coach suisse à associer davantage l'autre entraîneur, Kamel Bouhellal, dans toutes les prises de décision technique, tactique et disciplinaire. “J'ai toujours eu d'excellentes relations de travail avec Alain Geiger et le fait de redoubler de concertation au niveau du staff technique ne sera que profitable à toute l'équipe. Cette large victoire enregistrée face à Tlemcen est venue au bon moment pour remettre la JSK sur orbite et il nous appartient de préparer tel qu'il se doit ce long et périlleux parcours à Saïda où il va falloir retrousser les manches pour confirmer notre renouveau”, dira de son côté Kamel Bouhellal.