Parler des restos universitaires nationaux n'est pas une mince affaire. Outre la qualité du repas qui laisse à désirer, l'hygiène et l'accueil sont à revoir. Des milliers d'étudiants, toutes générations confondues, constatent que les choses se dégradent de jour en jour, et d'année en année au niveau de la qualité des repas servis. “Certes, le prix du ticket n'a pas changé, 1,20 DA, mais il ne faut pas perdre de vue les subventions de l'Etat. Le prix d'un repas est de 200 DA en moyenne, mais ce qu'on mange est loin de faire l'unanimité”, affirme un étudiant avant d'ajouter : “Hier, le menu fut le suivant : 2 œufs, un plat de spaghettis, quelques morceaux d'une feuille de salade et une orange. Faites le total.” Plusieurs étudiants ne sont pas sortis indemnes après la fin de leur cursus universitaire à cause, justement, de la nourriture proposée : “Oui, j'ai subi une opération chirurgicale à l'estomac et à la vésicule biliaire. D'autres copines ont eu aussi des complications de santé à cause de la mal-bouffe de la cité universitaire”, confie une ex-étudiante, aujourd'hui professeur de français. Pour un grand nombre d'étudiants oranais, le resto universitaire est un lieu qui ne figure pas sur leur calepin : “En 7 ans, je suis entré une seule fois au resto universitaire de l'Usto. Sans cuillère, ni fourchette, ils nous ont servi une rondelle de cacher, deux louches de haricots, une pseudo-salade et un yaourt. Depuis ce jour-là, Je n'ai plus remis les pieds au resto”, affirme Yacine, un cadre en électrotechnique. Cependant, ceux issus de familles modestes sont contraints de limiter les dépenses et du coup, le repas universitaire à 1,20 DA est devenu la seule solution. Cependant, et à titre comparatif avec les restaurants universitaires français s où le prix du repas est de 3,05 euros (plus 1,97 euro subvention de l'Etat), les étudiants sont accueillis dans des espaces aménagés, confortables, où l'hygiène et la qualité du menu sont soumises à des contrôles nationaux et régionaux réguliers. “Une entrée, un plat chaud, un dessert, soit un menu équilibré concocté par des équipes professionnelles. Les menus offrent toutes les garanties sanitaires”, fait savoir un compatriote médecin, habitant Paris. Le prix complet à prix social est une réalité outre-mer. A l'Usto, Belgaïd ou à Es-Sénia, les étudiants sont souvent contraints de jeter l'éponge face à des chaînes interminables et un emploi du temps qui frise l'absurde : “Je veux bien aller au resto mais comment faire. Je sors à 12h30 et je reprends les TD à 13h. Trente minutes de pause ne suffisent pas”, avoue Ahmed, fils d'un maçon, originaire de la wilaya de Sidi Bel-Abbès. NOUREDDINE BENABBOU