Un retour aux sources du luth arabe a été présenté, jeudi à Alger, par le musicien irakien Anwar Abudragh, et l'ensemble Maqamat, en clôture du cycle musical “Oûd en luth". Dédié au luth, et à sa présence dans différentes cultures musicales, ce cycle organisé par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) se tient à Alger depuis le 27 juin. Anwar Abudragh a plongé son public, peu nombreux, dans l'univers musical irakien des maqamat avec l'apport du virtuose du kanoune Wisam Ayoub qui donnait la réplique au luth lors des longues introductions d'extraits de maqam interprétés au chant par Anwar Abudragh. Les extraits joués sur scène obéissent au même schéma musical qui débute par une longue déclamation poétique entrecoupée de solo joué au luth ou au kanoune avant d'entamer un bref volet plus rythmé soutenu par un discret jeu de violon et de derbouka. Désignant à la fois des récits poétiques du monde arabe et une organisation musicale, mélodique et rythmique équivalente à la nouba dans la musique andalouse, les maqamat irakiennes connaissent un souffle nouveau grâce à Anwar Abudragh qui a fondé la troupe Maqamat mais aussi une école de musique arabe à Bruxelles. Pour clore le cycle “Oûd en luth", la programmation de l'Aarc a donc opté pour un retour au bercail de cet instrument antique en lui rendant hommage par des chants irakiens millénaires mais aussi par de nouvelles compositions telles que Sihr arrafidayne(la magie des deux rivières) de Wisam Ayoub. Le spectacle de Anwar Abudragh marque la fin du cycle “Oûd en luth", mais aussi la fin du programme musical “Des racines et des airs", établi par l'Aarc pour le premier semestre 2012, qui se déclinait en quatre cycles thématiques de trois spectacles chacun. Quatre cycles autour de l'Andalousie, de la musique gitane, du jazz et du luth qui ont attiré de grands noms de la scène internationale tels que le Marocain Aziz Sahmaoui, le groupe Calle Cerezo ou le guitariste belge Philip Catherine. APS