Le déploiement des marines près de Séville, la guerre au Mali, le chaos en Libye et les agissements de certaines ONG participent d'un plan visant à déstabiliser l'Algérie. Louisa Hanoune est formelle : l'Algérie est visée dans son intégrité territoriale et sa souveraineté. Signe, selon elle, de cette menace : le déploiement des marines américains à la base Moron de Frontera près de Séville, en Espagne, la guerre en Libye où l'on a ouvert "la boîte de Pandore", dit-elle, la guerre au Mali et les agissements de certaines ONG, comme Convass, NED ou Freedom House, toutes acquises au renseignement américain, qui essayent de "s'ingérer dans les affaires intérieures" de l'Algérie. Face à cette menace permanente, le Parti des travailleurs (PT) s'emploie depuis quelques mois à mobiliser la population algérienne, dont le point d'orgue aura été le meeting internationaliste organisé hier, en hommage à l'un des fondateurs du PT, Mustapha Benmohamed, disparu en mai dernier, à la Maison du peuple à Alger. L'imposante salle de la Maison du peuple n'a pas pu contenir toutes les femmes et tous les hommes venus de plusieurs wilayas du pays pour écouter Louisa Hanoune, mais aussi le patron de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, et des responsables politiques et syndicaux venus des USA, du Pakistan, de Turquie, de France, de Haïti, d'Espagne, de Guinée et du Mali. Sous le slogan "Défense de la souveraineté et de l'intégrité de toute forme d'ingérence", Louisa Hanoune s'est longuement étalée sur les changements opérés dans la région et leurs conséquences sur la stabilité de l'Algérie. "Ils ont essayé d'entraîner l'Algérie, en vain, dans la guerre de Libye et puis du Mali", a-t-elle affirmé. Sa cible privilégiée : l'administration américaine. "Le département d'Etat, accuse-t-elle, distille des informations selon lesquelles l'Algérie n'est pas un pays sûr, qu'il est en proie au terrorisme (...) Il dissuade même les ressortissants de voyager vers l'Algérie... Ce sont des mensonges." "Non, on ne touche pas à la souveraineté de notre pays", s'exclame-t-elle, sous des applaudissements nourris de l'assistance. De son côté, Abdelmadjid Sidi-Saïd, qui n'a pas tari d'éloges sur l'ex-candidate à l'élection présidentielle, a tenté de titiller la fibre patriotique des travailleurs. "Il y a un éveil national pour qu'on retourne à l'industrie nationale et à la consommation nationale." "Il y a un accord entre l'UGTA et le gouvernement pour un retour à l'industrie nationale que certains tentent de casser", dit-il. "Il faut que chacun achète la production nationale", exhorte-t-il, dans un langage populaire dont il est familier. Selon lui, ce retour à la consommation nationale et à l'industrie nationale aura des retombées positives : le maintien des postes d'emploi et la création de trois millions d'emplois. "On doit arriver à mettre un terme à l'importation (...) À l'UGTA, il n'y aura pas de marche arrière en matière d'industrie et de production nationale." "On défend la souveraineté algérienne", a repris de son côté Colia Lafayette Clark, une syndicaliste américaine. "Votre combat est le nôtre, la victoire de l'Algérie, c'est la victoire de l'Afrique, de l'humanité, levez vos mains sur l'Algérie", a dit cette admiratrice de Martin Luther King, sous un tonnerre d'applaudissements. Avant de passer la parole à l'Espagnol, Luis Gonzalez Sanz, Louisa Hanoune se reprend pour annoncer que Sidi-Saïd a quelque chose à dire : on l'aura tous deviné. "Nous souhaitons un prompt rétablissement au président Bouteflika." Des cris de soutien fusent de la salle. C'est un citoyen, un ancien moudjahid, de Bordj Menaïel qui aurait mis la puce à l'oreille au patron de l'UGTA sur l'omission. "Ce n'est pas pour tirer la couverture sur moi, écrivez-le !" s'enorgueillit ce septuagénaire. À la tribune, les convives de Louisa Hanoune se succèdent. Rubina Jamil du Pakistan a salué "la lutte des travailleurs algériens contre l'implantation d'une base américaine en Algérie". Les Américains, depuis les évènements du 11 Septembre 2001, "tentent de déplacer les guerres d'un continent à un autre", selon elle. "Nous avons combattu pour l'indépendance de l'Algérie ; défendre l'Algérie, c'est défendre le droit des peuples, nous sommes toujours avec le peuple algérien", lance, pour sa part, le Français Lucien Gautier. Quant à Diallo Abdoulaye Lelouma, du Mali, pour qui le plan de guerre contre son pays était "programmé", il s'est attaqué à l'impérialisme qui, "à chaque fois qu'il est en crise, s'attaque à d'autres pays". K K Nom Adresse email