L'armée américaine a mené des frappes aériennes sur la ville de Falloujah — où Washington soupçonne l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui de se cacher —, faisant onze tués, alors que les soldats philippins de la force multinationale plient bagage. Ces frappes, autorisées par le gouvernement irakien, ont été effectuées sur un supposé repaire du chef du groupe terroriste Tawhid wal Jihad, considéré par les responsables américains comme le suspect numéro un dans les attentats qui ensanglantent l'Irak. Falloudjah est, en effet, la province la plus hostile aux Américains, ainsi qu'à leur plan de normalisation quand bien même est-il largement agréé par l'ensemble de la communauté internationale. C'est le cœur du sunnisme en Irak et le lieu où le fondamentalisme a pignon sur rue. À Tikrit, ancien fief du président déchu Saddam, dont les habitants sont aussi hostiles à la présence des forces étrangères et aux nouvelles autorités irakiennes, le lot des attentats à la voiture piégée se poursuit inexorablement. Les Américains sont tout de même satisfaits, ils viennent de procéder dans ce fief du baâthisme à l'arrestation d'un général de la Garde républicaine de Saddam. Des soldats du 201e bataillon de la Garde nationale (irakienne), avec le soutien de la force multinationale, ont arrêté Soufiane Maher Hassan, ancien général du corps d'élite de l'armée de Saddam, a déclaré le commandement de l'armée américaine stationnée en Irak. Hier, le ministre irakien de la Justice devait échapper de justesse à un attentat à la voiture piégée à Bagdad. Le ministre est d'autant plus visé qu'il doit jouer bientôt un rôle de premier plan dans le procès de Saddam. À Manille (Philippines), la ministre des Affaires étrangères, Delia Albert, a confirmé que les derniers éléments du contingent philippin quitteront l'Irak aujourd'hui. Les troupes philippines servaient sous le commandement américain depuis onze mois en Irak. Elles étaient stationnées près de Hillah dans le Centre-Sud. Manille a entamé le retrait de ses soldats et policiers, à la suite de la prise en otage, la semaine dernière, d'un chauffeur philippin que ses ravisseurs menacent de décapiter, si les Philippines n'avançaient pas d'un mois, soit au 20 juillet au lieu du 20 août, le rapatriement de leurs troupes. Selon une source gouvernementale à Manille, les ravisseurs du chauffeur seraient prêts à le libérer avant la fin du mois en cas de retrait rapide du contingent. Le retrait de Manille est vivement critiqué par Washington, qui a exprimé sa déception face à une décision qui envoie un mauvais signal aux terroristes. La Bulgarie a affirmé qu'elle allait maintenir son contingent militaire en Irak en dépit de l'exécution de l'un de ses deux ressortissants enlevés par des terroristes. Ce contingent de 470 hommes, sous commandement polonais, est chargé d'assurer la sécurité de Kerbala, ville sainte chiite au sud de Bagdad. D. B.