Les autorités en charge de la culture devraient penser à institutionnaliser ce festival du théâtre amateur en raison du rôle qu'il continue à jouer malgré l'absence manifeste de moyens. Il donne la chance de monter sur les planches à des troupes théâtrales qui se forment un peu partout à travers le pays. Baisser de rideau, dimanche dernier, au Centre culturel d'Amizour sur la 9e édition du Festival du théâtre amateur. Le public a été au rendez-vous. Et les troupes sont venues d'un peu partout. Cette année, les troupes locales, du cru, n'ont pas concouru faute de production. Le règlement exige des productions récentes, les troupes théâtrales d'Amizour n'ont rien produit de nouveau pour espérer concourir. Les autorités en charge de la culture devraient penser, néanmoins, à institutionnaliser ce festival du théâtre amateur en raison du rôle qu'il continue à jouer malgré l'absence manifeste de moyens. Il donne la chance de monter sur les planches, devant un vrai public, à des troupes théâtrales qui se forment un peu partout à travers le pays. Il peut susciter des vocations, soit pour écrire des scénarios soit pour devenir comédien. Un confrère, dira : "Souvent, les meilleurs ne se déclarent qu'après avoir eu une vie de spectateur. Les bancs de la salle ne sont pas là seulement pour amuser le public mais aussi pour susciter des talents. C'est un appel à l'expression du public, dont Amizour a le secret." Le festival permet bien évidement la mise en réseau des connaissances et des expériences, la circulation de l'information et la formation des comédiens et cadres. Il permet enfin l'accompagnement de projets et démarches, d'où l'importance de la constitution d'une fédération des compagnies de théâtre amateur et d'animation, à l'instar de ce qui existe en France et en Belgique. La 9e édition a réuni treize troupes venues de dix wilayas du pays, en l'occurrence Béjaïa, Boumerdès, Saïda, Oran, Sétif, Tizi Ouzou, Skikda, Khenchela, Blida, et M'sila. Trois d'entre elles se sont produites hors concours ; les dix autres ont concouru pour le prix Malek-Bouguermouh. Les organisateurs ont tenu aussi à rendre hommage à Hakim Abbaci, un artiste qui a eu une brillante carrière, aussi bien au théâtre que dans les arts plastiques. Une carrière ponctuée d'escales importantes en Italie, notamment à Rome et à Florence, pour y étudier l'art dramatique et y exposer ses toiles. Lesquelles toiles seraient toujours exposées dans un musée en Sicile. L'hommage survient après celui qu'on lui a rendu en décembre dernier au TRB, à l'occasion du premier Salon national des arts dramatiques de Béjaïa. Un hommage a été rendu également à un autre artiste, de son vivant heureusement, lors de cette cérémonie d'ouverture, en l'occurrence à Ahcène Azezni, auteur dramaturge et metteur en scène, qui travaille au Théâtre régional de Béjaïa. Il a été invité à prendre la parole. Emu par cette marque de sympathie, l'homme de scène et de spectacles avait du mal à trouver ses mots, des mots simples pour remercier le public d'Amizour et le comité d'organisation dont les membres n'ont pas oublié l'implication de cet artiste, timide et réservé. En marge des spectacles, d'autres activités ont été organisées autour du Centre culturel d'Amizour. Il s'agit de la vente de livres, avec dédicace de nombreux auteurs qui ont été conviés à rencontrer leurs lecteurs, ainsi que d'une session de formation au profit des acteurs et comédiens, animée par Omar Fatmouche, le désormais ancien directeur du TRB. Durant une semaine, Amizour a été en fête, et toute la région a été conviée à en profiter.
Le palmarès : Le jury a décerné à Melissa Salhi de la troupe Igawawen le prix du meilleur rôle féminin. Le prix du meilleur rôle masculin a été attribué à Salim Benabdellah de la troupe des Anges de la scène d'Oran, et celui du meilleur texte de création à Merzouk Medkour de la troupe Amal El-Masrah de Saïda. Le prix de la scénographie, qui regroupe les décors, les costumes, les accessoires, la lumière, les bruitages, etc. a été attribué à Sid Ahmed Draoui de la troupe Concerto de Boudouaou, pour la pièce Action. Le prix de la mise en scène a été raflé par Youcef Gouasmi d'Oran pour la pièce El-Wahl. Et enfin, le prix Malek Bouguermouh a été attribué à la troupe Igawawen de Larba Nath Irathen pour la pièce Huska.