à plus de deux mois des élections législatives, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, appréhende, d'ores et déjà, une fraude à grande échelle. Pour elle, cette pratique longtemps décriée, serait même déjà lancée à travers l'annonce des candidatures de hauts responsables de l'Etat, à leur tête le Premier ministre Abdelmalek Sellal, mais aussi de nombreux "affairistes" dont les accointances avec le pouvoir ne sont plus un secret. "Lorsque de hauts responsables annoncent leur candidature aux prochaines législatives, il est difficile de ne pas croire à un début de la fraude", a-t-elle, en effet, déploré, hier, à l'ouverture des travaux d'une réunion de la commission ouvrière de son parti. Elle alerte, à ce titre, sur "l'incompatibilité et le conflit d'intérêts" des hommes d'affaires et des hommes politiques au pouvoir, qui déteindraient sur les législatives du 4 mai prochain. Cette échéance, croit-elle savoir, constituerait la convoitise de "l'oligarchie prédatrice" qu'elle qualifie de "forces de la régression" qui voudraient accaparer la grande majorité des sièges de la prochaine Assemblée. Mme Hanoune n'en dénonce pas moins "l'absence d'une volonté politique" pour endiguer le spectre de la fraude qui plane plus que jamais sur ces élections. Elle ne veut, cela dit, faire porter le chapeau à personne, sinon de rappeler le non-respect des instructions données à la veille des législatives de 2012, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. "Le Président avait donné des instructions en 2012 dont l'objet était de garantir la tenue d'élections transparentes et démocratiques, mais c'est tout le contraire qui s'était produit", a-t-elle souligné, allusion faite à la fraude ayant émaillé alors cette échéance. À ce manque de volonté politique s'ajoute la limitation des prérogatives, de l'aveu même du président de la Haute instance de surveillance des élections, Abdelwaheb Derbal, également relevée par Mme Hanoune. "Un aveu d'impuissance" décrié par la porte-parole du PT qui n'accorde, par ailleurs, aucun crédit à l'opération de révision exceptionnelle du fichier électoral lancée par le ministère de l'Intérieur. Cette opération, avouait également M. Derbal, qui demande au moins une période de cinq ans, tandis que le ministère de l'Intérieur croit pouvoir assainir le fichier électoral en seulement 15 jours ! "Qui croire entre le ministère et le président de la Haute instance de surveillance des élections ?" s'interroge au passage Mme Hanoune. L'autre cible du jour de la chef du PT, est la délégation parlementaire menée au pays de Donald Trump, (USA), par le vice-président de l'APN, l'élu du RND, Seddik Chihab, à laquelle elle interdit le droit de représenter les Algériens, encore moins les militants de son parti. "Que l'ambassade des USA à Alger sache que cette délégation de parlementaires ne nous représente pas", a-t-elle pesté non son qualifier cet acte d'"anecdote dégradante", voire "d'ignorance politique". Farid Abdeladim