Hier à son deuxième jour, la séance des débats sur le plan d'action du gouvernement, présenté la veille, n'a pas attiré beaucoup de monde parmi les députés dont une bonne partie faisait pourtant son baptême du feu. En effet, l'hémicycle était clairsemé, pour ne pas dire déserté, par ses locataires de la huitième législature. Très appréhendé par les Algériens et vivement critiqué par l'opposition, le plan du gouvernement Ouyahia ne semble, visiblement, pas intéresser les députés de la majorité, qui s'étaient massés en force au premier jour de la présentation du plan d'action par le Premier ministre. Mieux, les interventions de quelques-uns des élus présents, issus essentiellement des partis du pouvoir, le FLN et le RND, sont, en majorité, plutôt allés à des plaidoyers sur des problèmes locaux (eau, électricité, route, etc.) signalés dans les différentes wilayas qu'ils représentent. Le comble, même le président de l'Assemblée, Saïd Bouhedja, également novice en la matière, n'a pas jugé utile de recadrer les intervenants. Cette attitude, pour le moins inédite, dissimule mal les instructions qui seraient données par les hiérarchies partisanes des quatre partis acquis au gouvernement, à savoir le FLN, le RND, TAJ et le MPA, à l'occasion de leur réunion tenue la veille (mercredi dernier, ndlr) de cette séance plénière. Les discours tenus en marge de cette session par certains chefs des groupes parlementaires de ces partis confortent davantage cette thèse et en disent long sur la tendance du vote sur le plan d'action du gouvernement. "Nous accueillons avec enthousiasme le plan d'action présenté par le Premier ministre, en ce sens qu'il s'engage à ne pas renoncer, entre autres, aux transferts sociaux. M. Ouyahia a également rassuré qu'il n'y aura pas de hausse des prix dans le cadre de la loi de finances 2018. S'agissant de la solution du financement non conventionnel préconisée par le président Abdelaziz Bouteflika, nous, à TAJ, considérons que c'est beaucoup mieux que de recourir à l'endettement extérieur", a soutenu Mustapha Nouassa, chef du groupe parlementaire de TAJ d'Amar Ghoul, même s'il avoue que cette solution présente "quelques dangers". Il mise, néanmoins, sur la "commission indépendante" promise par Bouteflika pour contrôler la planche à billets qui sera mise en branle au moins pour les cinq années à venir. Même son de cloche chez Saïd Lakhdari, chef du groupe parlementaire du FLN, et Hadj Cheikh Barbara, chef du groupe parlementaire du MPA, pour qui l'exemple donné en la matière (planche à billets, ndlr) par certains pays développés, comme l'a argumenté Ouyahia, suffirait à convaincre sur cette solution financière. Certains députés du FLN ont tout de même osé quelques critiques. C'est le cas, notamment, de Boudaoud Abdelyamine qui regrette que le plan d'action du plan du gouvernement Ouyahia n'est, en réalité, que "la copie" de ceux déjà présentés par ses prédécesseurs. "Nous aurions souhaité, avant la présentation de ce plan, savoir le bilan ou l'évaluation des plans d'action des prédécesseurs d'Ouyahia, et ce, pour pouvoir faire une comparaison avec l'actuel document. L'élaboration d'un plan d'action doit prendre en considération les précédents, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs", a-t-il martelé. Farid Abdeladim