La mise en œuvre de l'accord de paix et de réconciliation au Mali est au point mort alors que les autres voyants sont au rouge. Week-end sanglant au nord du Mali qui marque la persistance de l'escalade contre les Casques bleus de la Minusma, qui perd encore trois éléments dans deux attaques, jeudi et vendredi. Ce qui porte à 102 le bilan des victimes de cette mission qui a condamné dans un communiqué ces attaques. Le bilan le plus lourd qu'enregistre l'ONU puisqu'il représente plus de la moitié des Casques bleus tués dans le monde à cette période. Preuve encore, s'il en est, que la situation sécuritaire dans ce pays demeure encore vulnérable et loin de connaître une amélioration. Ces deux attaques interviennent au moment où le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, venait d'achever sa visite dans le nord du pays, une première, qui a été bien accueillie surtout au plan symbolique. Cela d'autant plus qu'elle représente le premier acte des engagements du Premier ministre envers cette région minée par l'insécurité avec la recrudescence des attentats terroristes. En effet, M. Maiga avait promis lors de sa nomination de rétablir la sécurité sur tout le territoire malien, un préalable pour la stabilité politique et institutionnelle. Préalables qui réside, selon Bilal Ag Acharif, actuel président de la coordination des mouvements de l'Azawad, groupe signataire de l'accord d'Alger, par la mise en œuvre d'au moins quelques clauses de l'Accord, notamment les autorités intérimaires et les mécanismes de sécurité. Auquel cas, a-t-il averti dans un entretien au site d'informations le Sahélien, un retard dans la mise en œuvre de ces points peut compromettre l'organisation des élections présidentielles et affecter également leur crédibilité. Or le scrutin, prévu en juillet prochain, est capital et sera un véritable test pour l'Etat malien et pour le président Ibrahim Boubacar Keita qu'il soit candidat à un second mandat ou non. Cela alors que la mise en œuvre de l'accord de paix et de réconciliation est au point mort alors que les autres voyants sont au rouge. Et dans ce climat, seul "l'activisme" du Premier ministre semble donner un peu de température au bilan d'IBK, élu en 2013 sur fond d'espoir de sortir le pays de la spirale de la violence et du sous-développement. Si IBK a réussi, après de longues et laborieuses négociations, à faire signer un accord de paix avec les groupes politico-militaires, le terrorisme a évolué à l'ombre de l'absence de l'Etat dans les deux tiers du pays. Même la force française Barkhane qui a succédé à l'opération Serval n'arrive pas à en venir à bout. On ne prédit pas de grands succès non plus pour la force G5 Sahel qui est en train de se mettre en place pour prendre le relais de Barkhane. Sur le terrain, les forces armées maliennes, les FaMa, enregistrent de petits points sans réellement influer sur le climat sécuritaire qui reste dangereux. Les FaMa ont abattu le 6 avril quatorze terroristes, arrêtés la veille à Dioura, qui avaient tenté une évasion. C'est dans ce contexte que la candidature d'IBK pour un second mandat s'avère utile, dans la mesure où il est dans les conditions actuelles le seul candidat à pouvoir mener la bataille sur tous les fronts, notamment celui de la restauration de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire malien et lutter contre les groupes terroristes. Cela d'autant que ses adversaires s'inscrivent dans une ligne de remise en cause de ces options soutenues par la communauté internationale. Particulièrement l'accord d'Alger. Et même s'il ne s'est pas encore prononcé sur son éventuelle candidature, ses partisans sont déjà à pied d'œuvre. Djilali B.