En marge du conseil national, le secrétaire général du RND a déclaré que la révision de la Constitution “n'est pas une priorité”. “Nous, au RND, on signe un chèque en blanc à Monsieur le président de la République pour tout ce qu'il prendra comme initiative”. C'est en ces termes que Ouyahia a renouvelé, une fois de plus, le soutien de son parti à Abdelaziz Bouteflika. Au cours d'une conférence de presse animée, hier, en marge des travaux de la Ve session du conseil national du RND, Ahmed Ouyahia, qui s'est départi ce week-end de sa casquette de chef du gouvernement, a eu à s'exprimer sur des questions d'actualité brûlantes, mais aussi sur les positions de son parti. Se prêtant au jeu des questions-réponses, le SG du RND a laissé sur leur faim les journalistes qui voulaient le conduire sur le terrain de la polémique, mais aussi ceux qui voulaient le faire parler en tant que chef de l'exécutif. Sur la réconciliation nationale, le conférencier a réitéré les positions déjà exprimées par son parti sur la question. Cependant, Ouyahia a tenu à apporter une précision : “Au RND, nous voulons pas surenchérir sur la réconciliation nationale ; le président de la République nous fait confiance, nous attendons son projet pour le mettre en application”. S'agissant des futures élections partielles qui se dérouleront prochainement, le patron du RND a annoncé que son parti y participera “pour permettre aux citoyens de s'exprimer et de choisir des élus qui doivent gérer les affaires de la cité durant le restant du mandat, soit jusqu'en 2007”. Toujours sur ce sujet, le conférencier a exclu le recours à des listes communes avec les partis de l'alliance présidentielle en affirmant qu' “il n'est pas d'actualité”. Interrogé sur les dernières déclarations sur la révision constitutionnelle, le conférencier a évité de se lancer dans une polémique avec son “allié”, Abdelaziz Belkhadem, auteur du débat sur cette question sensible. Il a toutefois tenu à apporter certaines précisions sur l'opportunité et l'exécution de cette démarche sur le terrain, ainsi que celui qui doit l'initier et la voter. Sûr de lui, Ouyahia a fini par lâcher une phrase lourde de signification : “La révision de la Constitution n'est pas à l'ordre du jour, il y a d'autres priorités et la principale, c'est la réconciliation nationale.” Des propos qui risquent fort de mettre un frein à ce “débat” enclenché par les responsables de l'ex-parti unique, en difficulté dans les opérations de restructuration organique. Répondant à une question sur les dernières émeutes de Béchar, le SG du RND a estimé qu' “il faut traiter nos problèmes, mais ce qui a suivi ces évènements est grave. Je doute que ce soit nos compatriotes qui ont écrit certains slogans sur les murs de la ville de Béchar”. Il relève également la gravité des écrits diffusés sur certains sites à propos des émeutes qui ont secoué les villes du Sud que le secrétaire général du RND assimile à de “l'anarchie inacceptable”. D'autres questions ont été abordées par Ahmed Ouyahia, à l'instar de la loi du 23 février 2005 adoptée par le Parlement français, texte qu'il a condamné. Dans son discours prononcé à l'ouverture des travaux du conseil national, Ouyahia a qualifié cette loi de “provocations tactiques tendant à nous faire oublier la demande de pardon”. Et d'ajouter : “Nous exigeons d'être respectés, nous exigeons que le révisionnisme qui n'est pas acceptable dans d'autres situations ne soit pas de mise lorsqu'il s'agit de l'Algérie.” Dans cette allocution, il a abordé toutes les questions d'actualité nationales et internationales. Saluant les initiatives du chef de l'état auxquelles le RND adhère, le SG du RND a plaidé pour le rétablissement de l'autorité de l'état, la lutte contre la corruption et la poursuite de toutes les réformes engagées sur le terrain. Concernant la place du parti qu'il dirige depuis janvier 1999, Ouyahia a déclaré : “Nous ne revendiquons pas une place particulière et nous ne prétendons pas au monopole du message de Novembre.” Les travaux du conseil national ont été clôturés par l'adoption des résolutions, dont de celle portant le programme des activités du parti pour le prochain semestre. M. A. O.