Selon Mme Kebiri Malika, coordinatrice nationale d'Erasmus+ Algérie, seulement 600 bourses ont été accordées en Algérie durant l'exercice 2018. Comparativement à nos voisins marocains ou tunisiens où la moyenne annuelle, selon la même source, oscille entre 900 et 1100 bourses d'études accordées, l'Algérie demeure irrémédiablement à la traîne. Selon Mme Kebiri qui animait avant-hier un séminaire d'information sur ledit programme à l'université Akli-Mohend-Oulhadj de Bouira, les universités algériennes restent "réfractaires" à ce programme. D'après la conférencière, sur les dizaines d'universités que compte le pays seule une poignée d'établissements ont souscrit à ce programme et ont tenté de tisser des liens avec l'organisme qu'elle représente. "Nous avons quelques universités pionnières comme celles d'Oran, Mostaganem, Tizi Ouzou, l'USTHB, à titre d'exemple, qui collaborent avec nous. Pour le reste, on peine encore à trouver des universités qui adhèrent à notre démarche", a-t-elle souligner. L'oratrice prendra l'exemple de l'université de Bouira qui, selon Mme Kebiri, n'a jamais fait partie du programme Erasmus+ depuis son lancement en 2014. À la question de savoir pourquoi les universités algériennes ne sont pas pleinement impliquées dans ce programme lequel vise à donner aux étudiants la possibilité de séjourner à l'étranger dans le but de renforcer leurs compétences et in fine accroître leurs chances de trouver un emploi, Mme Kebiri indique que les responsables des universités en question et les responsables du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique "ne sont pas suffisamment informés" des avantages et autres opportunités qu'offre Erasmus +. S'agissant des avantages liés à l'adhésion à ce programme, l'intervenante citera à titre d'exemple l'obtention par l'université de Mostaganem d'un équipement de recherche estimé à plus de 76 000 euros, et ce, grâce aux aides d'Erasmus. "Notre vocation première est de faire découvrir à la communauté estudiantine de nouveaux horizons pour qu'elle puisse s'émanciper et avoir toujours plus d'ambition, de réussite et de succès", dira Mme Kebiri Malika. Cette dernière a longuement insisté durant son intervention sur les avantages dudit programme et surtout l'"opportunité" qui s'offre aux universités algériennes d'y adhérer. "C'est très important pour nos universités de s'intéresser à ce genre de programme afin de s'ouvrir sur le monde et renforcer les expériences de recherche touchant aux différents domaines", a souligné Mme Kebiri. Mais concrètement qu'offre Erasmus+ aux étudiants ? À cette question sa coordinatrice nationale répondra : "Il confère aux étudiants sélectionnés la mobilité à des fins d'éducation et de formation et la mobilité internationale de crédits pour les étudiants." Selon elle, il s'agit également de projets visant à renforcer les capacités dans le domaine de l'enseignement supérieur lesquels sont prévus afin de développer la coopération pour l'innovation et l'échange de bonnes pratiques. Enfin, il y a lieu de souligner que pour ce programme lequel inclut les pays du pourtour méditerranéen et le Moyen-Orient, un financement de près de 15 milliards d'euros a été consenti depuis son lancement en 2014. Ce budget devrait, selon Mme Kebiri, être doublé. Il passera ainsi à 30 milliards d'euros pour le programme 2021-2027.