M. Cherif Rahmani, ministre de l'Environnement, qui effectuait un passage éclair hier à Oran pour y installer une commission intersectorielle chargée de concrétiser les dispositions de la nouvelle loi sur la protection de l'environnement, n'a pas voulu sortir du cadre “du littoral” lors du point de presse qu'il a tenu juste avant son départ. Il faut dire qu'il venait d'être interrogé sur des sujets pour lesquels il évitera à l'évidence d'être à l'origine d'éventuelles polémiques. En effet, après le lancement de sa campagne médiatique contre les sachets en plastique, des industriels locaux avaient immédiatement réagi en déclarant que lesdits sachets n'étaient pas cancérigènes et que par ses propos le ministre avait mis en péril des emplois. Le ministre dira à leur intention : “L'intérêt général passe avant toute chose, l'environnement n'est pas négociable et je ne crains pas le lobby des industriels du sachet en plastique ! Je ne veux pas ouvrir un autre front, mais ils devront recycler leurs produits, sinon ils devront payer une taxe. Il faut un retour vers le papier d'emballage.” Il faut souligner, malgré tout, que sur la quarantaine de fabriquants de sachets en plastique exerçant à Oran, à peine la moitié est officiellement déclarée. Les autres fonctionnent comme de véritables ateliers clandestins. Interrogé sur le “massacre des outardes et des gazelles dans le Sud du pays”, le ministre refusera de répondre, se contentant de dire qu'il s'agit “d'espèces à protéger” et que cela ne relevait pas de son département. Pour ce qui est de la sebkha d'Oran, alors que la polémique est à nouveau relancée, depuis la récente présentation de l'étude de son aménagement, avec l'option d'assèchement, le ministre de l'Environnement estimera que cette zone devrait être protégée “et intégrée dans les zones pertinentes”. Ne voulant pas trancher ce dossier, M. Rahmani n'est pas s'en savoir que cette zone humide est déjà protégée par une convention internationale ratifiée par l'Algérie et connue sous l'appellation de Convention de Ramsar. D'aucuns pensent que la sebkha pourra intégrer, sous une certaine forme, le Conservatoire national du littoral qui sera créé incessamment. Ce conservatoire qui sera placé sous l'autorité du Chef du gouvernement sera chargé de “mettre sous sa protection des espaces sensibles et convoités de toute part...”, annoncera le ministre dans son allocution. Cette disposition s'inscrit dans le cadre général de la nouvelle loi sur la protection de l'environnement et le plan d'aménagement côtier. La commission sera chargée, entre autres, d'établir un plan cadastre du littoral, dresser un bilan écologique, évaluer les taux de pollution et enfin appliquer les sanctions prévues dans la loi pour toutes les infractions relatives à la protection et à la revalorisation du littoral. F. B.