Programmé hier, le procès de Fethi Ghares, homme politique et coordinateur national du Mouvement démocratique et social (MDS), a finalement été renvoyé au 12 décembre. Le détenu politique, qui passe son 5e mois derrière les barreaux, a refusé, hier matin, de comparaître à distance, par visioconférence, raison pour laquelle le juge du tribunal de Baïnem a décidé de reporter le procès à la semaine prochaine. Selon Me Bouchachi, un des avocats du détenu politique, Fethi Ghares a tous les droits d'exiger un procès en présentiel, au tribunal de Baïnem (Bab El-Oued). "C'est légitime et c'est tout à fait son droit", explique l'avocat dans une déclaration à Liberté. Les raisons sanitaires pour lesquelles les tribunaux programment des comparutions par visioconférence, explique encore Me Bouchachi, ne sont plus en vigueur. "Rien ne justifie aujourd'hui le recours à cette mesure. Les mesures barrières contraignantes contre la Covid-19 ne sont plus en vigueur. Pourquoi maintenir les comparutions à distance ?", s'interroge l'avocat, avant d'ajouter que "Fethi Ghares tient à avoir un procès équitable. Il tient à se défendre devant le juge en présentiel, et non par visioconférence". Arrêté le 30 juin à Alger, Fethi Ghares, une figure active du Hirak, est poursuivi pour "atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitués, diffusion d'informations pouvant porter atteinte à l'unité nationale, diffusion d'informations pouvant porter atteinte à l'ordre public". Le 24 octobre, la chambre d'accusation de la cour d'Alger a confirmé dans "toutes ses dispositions l'ordonnance du juge d'instruction du tribunal de Baïnem (Bab El-Oued) en date du jeudi 1er juillet pour la mise sous mandat de dépôt de Fethi Ghares", rappelle le CNLD. Selon la femme du détenu, Fethi Ghares garde un bon moral depuis sa détention. "En plus de garder un bon moral, il a toujours ses convictions chevillées au corps", témoigne encore Messaouda Chabalah. À la veille de son procès, le militant politique et défenseur des droits de l'Homme a adressé un message aux Algériens pour réitérer sa détermination à "poursuivre la lutte".