Tendu en raison de l'enjeu ô combien important de la double confrontation contre le Cameroun et digérant visiblement encore très mal les critiques acerbes après l'humiliation de la CAN-2021, Djamel Belmadi s'est présenté hier devant la presse un peu à contrecœur. Comme s'il accomplissait une véritable corvée. Un tantinet boudeur et expéditif le coach national ne s'est guère montré prolixe comme à son accoutumée, préférant tantôt botter en touche et tantôt se limiter au smig verbal. Il a certes expliqué et défendu ses choix mais il a évité soigneusement d'être embarqué sur le terrain tactique pour ne pas susciter la curiosité des Camerounais. Aux journalistes qui l'interrogeaient sur les raisons de la mise à l'écart de tel ou tel joueur, il n'hésitait pas franchement à bondir de son siège pour les gratifier maladroitement du sobriquet d'"agent" ou d'"avocat" de ces mêmes joueurs. Belmadi s'est même permis l'indélicatesse de fusiller les "pseudo-spécialistes du football" et "les donneurs de leçons du dimanche". Moment de dérapage, Belmadi ose même critiquer le physique d'un journaliste, pas trop soucieux de ressembler à un footballeur ou sportif BCBG, ou de s'amener à la conférence de presse sans préparer au préalable des "statistiques exactes et fiables". Au passage, il égratigne volontairement, même sans le nommer, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderrezak Sebgag, coupable d'avoir fait fuiter le lieu et la date du stage de Malabo : "une information qui devait rester secrète", dixit Belmadi. En revanche, bien que la FAF ait récusé officiellement la désignation de l'arbitre botswanais, Joshua Bondo, pour officier la rencontre Cameroun-Algérie, le coach national a préféré ne pas en parler publiquement. Djamel Belmadi, interrogé hier en conférence de presse, s'est confiné dans un mutisme énigmatique. Pourtant, la FAF a saisi le 9 mars dernier la CAF, en témoigne la réponse de cette dernière signée par le Seychellois Eddy Maillet, président de la commission des arbitres, qui a décidé de maintenir l'arbitre Joshua Bondo pour le choc de ce barrage qualificatif au Mondial Qatar 2022, devant opposer le Cameroun à l'Algérie le 25 mars au stade de Japoma, à Douala. En vérité, Belmadi a atteint son objectif à travers cette lettre de protestation dont il est, nous dit-on, le principal instigateur. Il savait très bien qu'une fois les désignations faites et surtout validées par la Fifa, que les deux instances n'allaient pas se déjuger. Ce n'est pas en effet prévu par la réglementation en vigueur. Mais, il aura de même, arguments à l'appui, pris à témoin ces deux instances pour les avertir que Joshua Bondo a des antécédents graves avec la sélection d'Algérie, ce qui pourrait mettre en péril son impartialité obligatoire vendredi prochain à Douala. Pas la peine donc d'en rajouter publiquement et... de faire porter le chapeau aux journalistes-détracteurs.