L'information est tombée, hier, comme une note d'espoir et un message d'apaisement pour les uns et un sujet de débats, voire d'inquiétude pour les autres. Ce communiqué de la Présidence, qui annonce des mesures comportant “une remise totale des peines prononcées à l'encontre des journalistes condamnés pour outrage à fonctionnaire, offense au président de la République, outrage à corps constitué, diffamation et injure”, marque, en fait, une avancée significative sur la voie de la réconciliation entre le premier magistrat du pays et la presse nationale. Est-ce pour autant la fin des incompréhensions et des défiances ? La tentation de répondre par l'affirmative est si forte au point où l'on regrette que la mesure ne touche que les journalistes “condamnés définitivement”, alors que les affaires de justice tombant sous le coup de ces accusations et mettant en cause de nombreux journalistes et directeurs de publication sont toujours pendantes. Le président de la République a, dans tous les cas, fait irruption dans cette sphère de la liberté d'expression et suscité un vrai questionnement à l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse et de l'expression et à la veille d'une rencontre-débat sur les relations entre la presse et la justice, dont le thème est : “Dialogue ou confrontation”. Le président de la République a, nous semble-t-il, penché du côté du dialogue ; et dans ce cas, les professionnels de l'information en général et les journalistes en particulier aux prises avec les tribunaux attendent du premier magistrat qu'il est des mesures plus franches, plus directes qui feraient table rase d'un passé tumultueux, incompatible avec la liberté d'expression et la démocratie et néfaste pour l'image de la première personnalité du pays et des autres corps constitués. Cette relation est arrivée aujourd'hui à maturité. Assainie conformément aux principes de la liberté d'expression, en respect des valeurs universelles, les rapports de la presse avec les représentants de la République et les institutions de l'Etat pourraient être, pourquoi pas, un titre d'exemplarité et un motif de fierté pour l'Algérie. Alors à charge pour le premier magistrat de parachever son œuvre, et au 4e pouvoir d'assumer son rôle et sa mission. Dans le respect… A. O.