Annuellement, l'Office national des examens et des concours consomme 160 milliards de centimes. Plus de deux milliards sont affectés à l'élaboration des sujets. 80% des dotations proviennent des frais d'inscription des candidats. Les postulants à l'examen du bac payent chacun 1 000 dinars. L'Office national des examens et des concours (Onec) est une institution si stratégique et si névralgique qu'elle ressemblerait presque à une base nucléaire, tant son fonctionnement et son sort accaparent l'attention des pouvoirs publics. De la vigilance de ses responsables dépend la crédibilité des examens, surtout le bac qui fixe l'avenir des générations de jeunes algériens. Annuellement, l'Onec organise des examens (la 6e, le BEF et le bac) impliquant 2,5 millions de candidats. L'importance de ces contingents transforme cet établissement en une véritable machine de guerre qui enrôle toute une armée et accélère la cadence à l'approche des épreuves. Le dispositif est mis en place dès le mois d'octobre avec l'inscription des postulants et la préparation des sujets. 400 questionnaires figurent dans le patrimoine de l'Onec. La moitié est au menu des épreuves et l'autre moitié est laissée en réserve. “L'élaboration de chaque sujet s'étale sur deux ans”, révèle M. Salhi, directeur général de l'office. Intervenu hier au Forum du quotidien d'El Moudjahid, il a dévoilé les rouages du fonctionnement de son entreprise et le coût des différents examens. Annuellement, l'Onec consomme 160 milliards de centimes. Plus de deux milliards sont alloués à la préparation des sujets. 70% des dotations proviennent des contributions des candidats sous forme de frais. Les prétendants au bac payent chacun 1 000 dinars, ceux du BEF 800 DA et les candidats à la 6e, 50 DA. Dans les trois cycles confondus, le montant de la prise en charge individuelle des examinés, vaut 2 500 DA. Au niveau de l'encadrement, l'Onec a également des obligations pécuniaires. 75% de son budget sert à rétribuer les fonctionnaires disséminés à travers les centres d'examen en qualité de surveillants, correcteurs et rédacteurs des sujets. 550 000 fonctionnaires et agents de l'éducation nationale (dont 275 permanents de l'Onec uniquement) bénéficient d'une allocation de 1,2 milliard de dinars. La gestion des épreuves est centralisée au niveau d'une commission nationale, présidée par le secrétaire général du ministère de l'éducation nationale et des commissions locales, sous l'autorité des walis. Confidentialité, rigueur et mobilisation sont les maîtres-mots du dispositif. À travers son avalanche de chiffres, le directeur général de l'Office national des examens et des concours fait valoir une implication sans faille de tous les agents de l'Etat, y compris les services de sécurité. “La police et la gendarmerie sont nos partenaires. Tout est fait sous la surveillance de leurs éléments”, note M. Salhi. 14 ans après, le scandale des fuites au bac (de la session de juin 1992) marque encore les esprits. Pour ne pas rééditer une telle catastrophe, les sujets sont gardés comme des documents secrets de la CIA. “Les rédacteurs des sujets eux-mêmes ne connaissent pas leur contenu. Ils sont tirés au sort et envoyés directement à l'impression. Les imprimeurs sont mis en quarantaine. Leur seul contact avec le monde extérieur est le journal et la télévision. Ils n'ont le droit de voir personne, y compris leur famille”, explique le responsable de l'office. En guise d'anecdote, il relate la mésaventure qui est arrivée à l'un de ses collaborateurs qui a été hospitalisé sans connaissance des siens. “Après sa sortie de l'hôpital où il avait séjourné sous la surveillance de policiers, il est retourné à l'imprimerie où il a poursuivi sa convalescence. Il a rejoint sa famille à la fin des épreuves”, raconte-t-il. 100 000 enseignants mobilisés 35 millions de copies seront corrigées 10 000 centres d'examen seront réquisitionnés pour abriter les épreuves de la 6e, du BEF et du bac. Un certain nombre sera réservé aux corrections. 100 000 enseignants, tous cycles confondus, participeront à cette tâche. Ils auront à revoir 35 millions de copies. Cette année, les candidats au bac, au BEF et à la 6e, sont comme suit : 550 000 bac, 257 667 et 733 616 respectivement pour le BEF et la 6e. Les résultats seront connus au plus tard le 3 juillet (pour le bac), le 19 juin (pour le brevet) et le 5 juin (pour la première session de la 6e) et le 3 juillet (pour la 2e session). L'Onec dément le gonflement des résultats du bac “Le taux de réussite n'est pas fixé à l'avance” “Je suis à la tête de l'Onec depuis 12 ans et je peux vous assurer que la moyenne de réussite au bac dépend uniquement de la qualité de travail des candidats”, jure le directeur général. Démentant ce qu'il considère comme des “rumeurs sur le gonflement des résultats”, M. Salhi apporte une mise au point à l'ancien ministre, Abdeslem Ali Rachedi, qui révélait, il y a quelques jours, que le nombre d'admis au bac se décidait en conseil de gouvernement. “Aucune institution de l'Etat intervient dans le calcul de la moyenne de réussite”, martèle le directeur de l'office. Samia Lokmane