Le président du Conseil national consultatif (CNC) pour la promotion des PME, M. Zaïm Bensaci, a souhaité hier qu'une part “consistante” de l'important programme présidentiel de développement soit consacrée au secteur des petites et moyennes entreprises pour leur permettre de s'insérer plus vite dans l'économie nationale et internationale. S'adressant à des journalistes en marge d'une assemblée générale extraordinaire du conseil, M. Bensaci s'est dit “content” que l'Etat se soit enfin décidé à réserver des milliards de dollars au développement des infrastructures, mais s'est interrogé, avec une certaine amertume, sur la part des PME dans cette enveloppe colossale de plusieurs dizaines de milliards de dollars sur cinq ans. “Faut-il aller jusqu'à légiférer pour que la PME-PMI prenne sa part dans ce programme !” s'est-il exclamé. Les investissements publics prévus pour la période 2005-2009 sont estimés à plus de 150 milliards de dollars, après que des programmes additionnels de quelque 55 milliards de dollars eurent été décidés. Ce montant englobe les budgets alloués au Programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC), ainsi que ceux des Hauts-Plateaux et du Sud pour la même période. L'enveloppe consacrée au secteur de la PME dans le cadre de ce programme est de 4 milliards de dinars (environ 50 millions de dollars). M. Bensaci a réitéré en outre le problème de l'accès aux financements bancaires en estimant que les banques “ne jouent pas le jeu”. “Les établissements financiers répondent avec parcimonie aux sollicitations des PME en manque de capitaux de démarrage et d'investissement en raison de coûts de transaction élevés et de garanties souvent insuffisantes”, a-t-il ajouté. De plus, “les banques rechignent à endosser les créances de ces entreprises, ce qui met en difficulté celles qui se portent bien”. Selon lui, des “mesures opportunes” ont été prises par les autorités ces dernières années, mais elles “restent insuffisantes car le système de financement peut encore être renforcé pour pouvoir offrir la panoplie de services (crédits et services d'appui non financiers), dont les PME ont besoin”. “Nous allons nous battre pour trouver des moyens de financement, pour sauver nos entreprises”, a-t-il promis. Parmi les facilités que le conseil demande, il a cité en particulier une taxation moins lourde des importations de matières premières, et l'allègement des charges sociales des entreprises et de l'imposition sur les bénéfices réinvestis. M. Bensaci a également proposé d'“accompagner le secteur” comme c'est le cas pour l'agriculture à travers le Programme national de développement agricole et rural. À la fin du mois de juin 2006, les PME privées déclarées auprès de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) atteignaient de 259 282 unités, employant un effectif total de 924 746 personnes, selon les données du ministère en charge du secteur. R. E.