Elles ont eu lieu ces derniers jours, en attendant la programmation de cinq autres greffes dans les prochains jours. Les spécialistes du CHU Mohamed-Nedir comptent, par ailleurs, lancer la greffe du pancréas et des poumons prélevés sur cadavres. Trois insuffisants rénaux chroniques (un enfants de 15 ans, un homme de 35 ans et une jeune fille de 18 ans) ont été transplantés ces derniers jours au centre hospitalo-universitaire Mohamed-Nedir de Tizi Ouzou, a-t-on appris auprès du directeur général du CHU, le Dr Mansouri. Au terme de ce mois en cours, ce sont cinq autres greffes qui seront effectuées par les mêmes équipes conduites par le Pr Barama, un Algéro-Canadien spécialiste en transplantation. “Un spécialiste sur lequel on compte pour présenter le système canadien de don d'organes”, précise le DG du CHU. À ce propos, on a appris aussi que ce cycle de greffes sera clôturé par une table ronde animée par des spécialistes afin de réfléchir au dispositif organisationnel à mettre en place pour constituer un réseau de dons d'organes, les reins notamment, à l'échelle nationale. Car, selon le Dr Mansouri, en sus des équipes médicales et paramédicales compétentes, des équipements et blocs opératoires, il faut mettre en place le logiciel qui aidera à gérer le flux des candidats et donneurs de manière optimale, surtout lorsqu'il s'agit de prélèvements sur cadavres. En effet, la demande en la matière ne peut être satisfaite par des dons apparentés (issus de la famille du receveur). Au plan national, il existe près de dix mille insuffisants rénaux chroniques, dont 40% sont en attente d'une greffe, alors que la wilaya de Tizi Ouzou en compte 400. Pour l'heure, il est surtout question de sensibiliser la population, notamment l'entourage familial de l'insuffisant rénal, au sujet du don d'organes vivants avec des projections de films sur la greffe rénale. “Une fois la greffe rénale bien assise, on passera à celles du pancréas et des poumons prélevés sur cadavres, et les textes encadrant ces pratiques existent et permettent ces prélèvements”, affirme notre interlocuteur. À terme, la greffe rénale, une fois mise en place, est bien plus avantageuse que la dialyse. À rappeler qu'une année d'hémodialyse coûte 1 million de dinars alors qu'une greffe rénale est estimée à 1,5 million de dinars, mais le patient devient autonome, reprend une vie normale et sa famille est soulagée. Donc, la dialyse a un coût social que la greffe rénale amortit. “Pour l'heure, tous les autres aspects de la greffe sont bien maîtrisés. Il ne reste qu'à mettre en place le système d'information national de veille pour relier au plus vite le donneur au receveur”, rassure encore le Dr Mansouri qui révèle qu'“actuellement, un chirurgien du CHU est en stage de formation en France ainsi que des paramédicaux”. Rappelons que la première greffe rénale a été réalisée au CHU de Tizi Ouzou en décembre 2006 et la deuxième en mars dernier. Selon le responsable du CHU, “toutes ces transplantations ont été réussies et les receveurs sont suivis par le service néphrologie”. ABDENOUR BOUHIREB