Le bilan macabre des victimes des pluies s'est alourdi avec trois autres décès, 48 heures seulement après la mort de deux personnes dont l'une a été ensevelie sous les décombres de sa maison. Hier, vers 5 heures du matin, une mère et sa fille, M. Malika et M. Zahra, ainsi que leur nièce, Sabrina, âgée de 27 ans, ont été fauchées par la mort dans leur sommeil. Les malheureuses victimes ont été enterrées vivantes à la suite de l'effondrement de la double dalle de leur habitation vétuste. Le drame, qui s'est produit au quartier populaire d'El-Hamri, a aussitôt donné lieu à un mécontentement généralisé. Des centaines de jeunes et de moins jeunes se sont massés aux abords du cimetière chrétien, à proximité du numéro 26 de l'avenue Lamur, lieu du drame. Aux cris de “Nous n'irons pas voter” et “Nous réclamons la présence du wali”, les contestataires fortement canalisés par les forces antiémeutes ne décoléraient pas ; des voisins des victimes exhibent des demandes de logement datées de 1973 et 1990. “Regardez, cela fait des années que nous attendons qu'on veuille bien nous attribuer des logements sociaux. Pourtant, mon mari est un fidaï de la première heure à El-Hamri”, s'écrie une femme en colère. Les autorités locales représentées par l'administrateur de la commune et le chef de daïra auront tout le mal du monde pour se frayer un chemin au milieu de la foule en furie. “Nous refusons de céder le passage à ces représentants. Nous exigeons la venue du wali pour nous faire entendre”, déclarent des personnes. Peine perdue puisqu'une avalanche de pierres et de projectiles est lancée contre les forces de l'ordre. Ces derniers répliquent en donnant l'assaut aux protestataires dont certains se réfugient dans le cimetière chrétien d'où fusent des cris hostiles au pouvoir. Le frère et l'oncle des victimes s'emportent. “Personne ne fait correctement son travail, alors que notre haouch est depuis longtemps répertorié comme une habitation à risque. D'ailleurs, un constat d'évacuation délivré par les services de la Protection civile est en notre possession”, ajoute-t-il en larmes. Selon notre interlocuteur, l'intervention des sapeurs-pompiers a permis d'évacuer les corps des victimes entre 5h30 et 7h du matin. Selon d'autres témoignages, les services de la Protection civile se seraient rendus au 26, avenue de Lamur aux environs de 2h du matin pour un constat préliminaire avant la survenue du drame. La vieille habitation, qui abritait trois familles d'une vingtaine de personnes, était constamment secouée par les intempéries. K. Reguieg-Yssaad