Avant de prendre son envol hier, vers l'espace européen qui durera une semaine, le président américain a, dans son discours devant l'American Israël Affairs Committee (AIPAC) donné les lignes directrices de sa politique en direction de tout processus de paix entre Palestiniens et Israéliens. Menaçant de bloquer la perspective d'une reconnaissance d'un Etat palestinien, en septembre prochain, par l'assemblée générale de l'ONU, le président Obama n'a pas attendu cette échéance pour user de l'influence de son pays au sein de l'institution onusienne. Par sa remise en cause des frontières 1967 devant constituer l'espace géographique de l'Etat palestinien, dans son discours devant AIPAC, le président américain vient d'apporter son soutien aux opérations d'extension de colonies juives sur les terres palestiniennes. Ce qui traduit ses propos tenus au Caire, en juin 2009, déclarant sur le conflit israélo-palestinien «à ne pas considérer ce conflit sous un seul angle». La politique intransigeante d'Israël et de ses alliés dont les Etats-Unis qui ne peuvent rien lui refuser sont à la source de l'enracinement du déni du droit par ces derniers des aspirations légitimes du peuple palestinien. Affichant son opposition à l'accord de réconciliation inter-palestinien, le président américain a ignoré que cette réconciliation a été revendiquée par des manifestations pacifiques de Palestiniens tenues à Ghaza et en Cisjordanie. Ce qui illustre encore une fois la politique du deux poids deux mesures de la politique de Washington en direction de l'actualité marquant la scène arabe. Si le discours d'Obama devant l'Aipac a été un soutien sans faille à la politique israélienne, c'est pour s'assurer du soutien du lobby israélo-américain pour un deuxième mandat de locataire à la Maison-Blanche. A cela viennent s'ajouter les objectifs escomptés sur fond des conséquences engendrées par les mutations en cours sur la scène arabe. Il sera question de la prise en compte de la realpoltik traduite par les changements survenus sur le terrain par la politique d'Israël. Elargissement et intensification de colonies juives sur les terres palestiniennes, judaïsation d'El Qods et de ce fait en soutien à son opposition au droit de retour des réfugiés palestiniens garanti par la légalité internationale. Les pays arabes occupés par leurs processus internes d'édification de leurs institutions, à l'exemple de l'Egypte et la Tunisie, d'autres sous le rythme de mutations, Jordanie, Bahreïn, Yémen, Syrie et la situation de guerre en Libye et le risque de conflit au Soudan autour d' Abeiy ralentissent à court terme le rôle arabe sur la question palestinienne. A ce propos, l'appel de la tenue samedi prochain, d'une réunion de la Ligue arabe, par Qatar en réaction aux propos tenus par Obama sur le conflit israélo-palestinien sera sans aucun doute en deçà des attentes des Palestiniens et de la rue arabe. Soutenant que la Maison-Blanche ne peut pas se permettre «d'attendre une autre décennie, ou encore deux ou trois décennies pour atteindre la paix», le président américain par ses propos compte promouvoir une nouvelle approche en réponse aux changements survenus sur le terrain par Israël et les mutations sur la scène arabe. Il compte promouvoir un processus de négociations sur une nouvelle voie, en marge des donnes habituelles liées à ce dossier, résumé par sa déclaration «à ne pas considérer ce conflit sous un seul angle». Ce qui devra être en soutien aux propos tenus par Netanyahu déclarant à partir de Washington en mai 2010, que «les constructions et leur planification à Jérusalem (El-Qods) vont continuer comme d'habitude, exactement comme cela a été le cas sous tous les gouvernements d'Israël au cours des 43 dernières années et que Jérusalem (El Qods) est la capitale d'Israël». De son côté, le président palestinien a souligné, hier que «les Palestiniens ne tentent pas d'isoler Israël en demandant la reconnaissance de l'Etat palestinien à l'ONU mais veulent une reconnaissance de la Palestine en tant qu'Etat occupé». Karima Bennour