Le premier responsable de la région s'investit aux côtés des nombreuses personnes pour venir au secours des populations des villages isolés. Dans cet entretien, il nous donne son avis sur la gestion du plan Orsec à Bordj Bou Arréridj, ses forces et ses faiblesses. La Nouvelle République : Peut-on parler de succès après l'isolement de pas moins de 70 points ? Azzedine Mecheri : surtout pas. Nous sommes là pour parler de l'organisation des secours et pas pour faire de l'autosatisfaction. Pour dire aussi que dans cette wilaya, on a garanti la sécurité des gens. Tous les services (wilaya, directions de wilaya, Protection civile, médecins, policiers, militaires et associations) ont travaillé main dans la main avec une parfaite coordination qui ne doit rien au hasard mais qui est travaillée bien en amont. Pour dire tout simplement que chacun a bien fait son boulot. Je réfute le terme de succès pour d'autres raisons. D'abord parce que nous aurions préféré ne pas avoir à vivre des perturbations en gaz butane, mais également parce que nous aurions pu dégager les villages isolés en moins de temps. Les secours ont commencé dès le déclenchement du plan rouge, dès la parution du BMS. Il convenait donc de rétablir l'ensemble de l'organisation. A vrai dire, peu importe qui a fait quoi ce jour-là, il nous semble que l'essentiel est ailleurs : il n'y a pas eu de morts. Alors bien sûr, ce n'est pas par hasard. Pas plus qu'un miracle. Les personnes prises par la neige ou le froid ont eu la vie sauve grâce à l'efficacité et le professionnalisme des uns et des autres. Ça commence par le sang-froid des médecins, des pompiers, des policiers et de simples citoyens qui ont fait les gestes justes, par la coordination à tous les niveaux. Pensez vous que Bordj Bou-Arréridj a les moyens pour gérer un plan Orsec de grande envergure ? D'abord, retenez qu'il n'y a pas de plan Orsec de petite envergure ou de grande envergure. Le plan Orsec est un ensemble. Loin d'être un simple plan de bureau, il doit suivre un schéma bien précis avec des acteurs bien identifiés et responsabilisés. On sait qui intervient, dans quel secteur et avec quel moyen. Aussi, on est assujettis à des résultats bien ciblés avec des indicateurs de vérification. Les stratégies, les objectifs, les missions et les actions. C'est cela l'essentiel du dispositif Orsec. Pour être plus explicite, les stratégies permettent de battre le rappel des expertises et des moyens logistiques, matériels et financiers .Trier et regrouper les compétences, déterminer clairement les besoins et les ranger par ordre d'urgence. L'objectif général étant de réduire la souffrance des victimes. Il est important de rédiger des objectifs spécifiques mesurables et réalisables dans le temps. Dès lors, chaque groupe recevra sa feuille de route ou mission et en avant pour les actions. Le plan Orsec est déclenché en cas de catastrophe. Notre wilaya en a les moyens. Juste un exemple : cette vague de froid et de neige a déclenché dans la région et dans tout le pays, un élan de «patriotisme» appelé effort de guerre. Cela a rapporté gros : un énorme élan de solidarité.