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Abou Bakr As-Sidîq (V)
Publié dans La Nouvelle République le 07 - 08 - 2013

«S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Dieu, cela aurait été Abou Bakr. Seulement, il est mon frère et mon compagnon.» [ Parole du Prophète Mohammed (QSSSL), rapportée par Bukhâri dans son Sahih.]
En plus des conquêtes de l'Irak et de la Syrie qu'il eut l'honneur d'inaugurer, on doit à Abû Bakr de nombreuses réalisations qui feront date dans l'histoire de l'islam. C'est ainsi, nous dit Suyûti, qu'il fut le premier à mettre sur pied l'institution du bayt al-mâl le trésor public. Il fut aussi le premier à mettre en œuvre le registre de donations ; il agissait avec équité en donnant de la même manière à l'esclave et à l'homme libre, la même valeur à l'homme et à la femme, aux adultes et aux petits. Le bayt al-mâl servait à payer les fonctionnaires de l'Etat, à approvisionner les soldats lors des expéditions et à venir en aide aux plus démunis. Il était alimenté, en grande partie, par les revenus de la zakât et par le un cinquième du butin. C'est à lui, aussi, qu'incomba, le premier, le soin de mettre en place les rouages de l'administration. En effet, il prit à son service des secrétaires qui notaient ses directives et il institua même un cachet pour authentifier ses messages, sur lequel était gravé : Dieu est certes le plus capable. En outre, lorsqu'il voulait prendre des décisions importantes qui engageaient l'Etat, il consultait toujours les plus proches compagnons du Prophète (QSSSL) , entre autres, 'Umar, 'Ali, 'Uthmân, Sa'd Ibn Abî Waqqâs, Sa'îd Ibn Zayd, etc. Toutefois, l'acte qui lui valut le plus la reconnaissance de la communauté musulmane, fut, sans conteste, l'assemblage du Coran en une seule copie autour de laquelle l'ensemble de la communauté a fait l'unanimité jusqu'à nos jours. La décision d'assembler la parole de Dieu et de la transcrire, a été prise suite à la disparition de dizaines de compagnons huffaz - ceux qui connaissent par cœur le Coran - tombés en martyrs dans la bataille contre l'imposteur Musaylima. Certes, les versets étaient déjà transcrits sur des parchemins, des omoplates de chameaux, mais on craignait que le temps ne finisse par corrompre ce qui a été transcrit. Avec la disparition massive des huffaz, Abû Bakr décida d'agir à la demande de 'Umar. Il convoqua, à cet effet, le célèbre compagnon Zayd Ibn Thâbit, et le chargea de faire ce colossal mais noble travail. Laissons Zayd nous raconter, lui-même, cette invitation du calife, tel que nous le rapporte Al- Bukhâri : «Quand je me suis présenté devant le calife, j'y ai trouvé 'Umar IbnAl-Khattâb. Abû Bakr me dit : Beaucoup de huffâz, ont été tués le jour d'Al-Yamâma, et je crains que cela ne se produise dans d'autres lieux où les musulmans combattent. Les huffaz qui sont nombreux parmi ces combattants, en disparaissant, emporteraient avec eux une partie du Coran qu'ils mémorisent. C'est pour cela, que j'ai perçu la nécessité d'assembler le Saint Coran et de le réécrire afin qu'il soit conservé. À 'Umar qui m'a suggéré cette proposition, j'ai demandé comment ferai-je ce que le Prophète (QSSSL) n'a pas fait.» Il me dit : «Par Dieu, je jure qu'il est préférable de procéder à son assemblage!» Cela dit, il insista tellement pour me convaincre, jusqu'à ce que Dieu m'inspira la nécessité d'un tel travail. J'ai fini donc par accepter la proposition de 'Umar.» Zayd continua : «Abû Bakr me dit alors : Tu es un homme jeune et plein de sagesse. De plus, nous avons confiance en toi, sachant que tu as fait partie des scribes qui écrivaient la révélation sous la dictée du Prophète (QSSSL). Je pense donc que personne n'est mieux placé que toi pour mener à bien cette tâche.» Zayd dit : «Par Dieu, la tâche qu'il m'avait chargée d'accomplir, était plus difficile pour moi que s'il m'avait demandé de déplacer les montagnes ! J'ai commencé alors à assembler les textes du Coran qui étaient transcrits sur divers matériaux, et je me suis adressé aux différents huffâz, parmi les compagnons, afin de trouver les deux versets qui me manquaient de la sourate At-Tawba (Le repentir). Après les avoir trouvés chez Khuzayma Ibn Thâbit, j'ai transmis la totalité des manuscrits au calife qui les conserva jusqu'à sa mort. Ils furent ensuite conservés chez Hafsa, la fille de 'Umar et épouse du Prophète (QSSSL) . Ainsi, grâce à Abû Bakr , le Coran put être assemblé et conservé intact jusqu'à la fin des temps. La postérité lui en saura gré pour cet acte des plus sacrés. Ce fut, en tout état de cause, le dernier acte qu'il accomplit au service de la communauté. La maladie devait l'emporter quelque temps après, au moment où l'islam avait tant besoin de sa sagesse et de son dévouement. Même devant la mort, il fit preuve d'une sagesse et d'une humilité exemplaire. À sa fille 'Âïsha qui se lamentait en le voyant agoniser, il dit : «Ne sois pas dans cet état. Récite plutôt la parole du Très-Haut» : «L'agonie de la mort fait apparaître la vérité : Voilà ce dont tu t'écartais.» [ Sourate 50 – Verset 19 ] Il ajouta ensuite : «Prenez ces deux tissus, lavez-les et utilisez-les pour me couvrir comme linceul; car les vivants ont plus besoin de tissu neuf que le défunt!» En voyant que leur calife était sur le point de rendre l'âme, les musulmans lui demandèrent de leur désigner un successeur qui puisse assurer la cohésion de la communauté et la bonne marche de l'Etat. C'est 'Umar Ibn Al-Khattâb qu'il leur désigna, après avoir demandé l'avis des plus proches compagnons comme 'Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf, 'Uthman, Sa'îd Ibn Zayd etc. Son choix étant fait, il sortit auprès des compagnons, appuyé sur sa femme Asmâ Bint 'Umays et leur annonça le nom de son successeur, les motivations de son choix, en leur recommandant obéissance et soutien. Ils répondirent : «Nous avons entendu et nous obéirons.» Il convoqua ensuite 'Umar et lui donna les conseils nécessaires pour diriger avec justice et équité la communauté du Prophète (QSSSL). Tranquillisé, il pouvait alors rejoindre le Messager de Dieu (QSSSL), son plus intime compagnon. Sa dernière volonté fut d'être lavé par son épouse Asmâ Bint 'Umays et d'être enterré à côté du Prophète (QSSSL). Ses dernières paroles furent : «Seigneur, fais-moi mourir musulman et fais en sorte que je rejoigne le rang des pieux.» Après que 'Umar eut dirigé la prière des morts sur la dépouille, on l'enterra à côté de la tombe du Prophète (QSSSL) dans sa chambre personnelle. Ainsi s'acheva le règne si éphémère - deux ans et quelques mois seulement- mais ô combien riche d'Abû Bakr. Riche, dans la mesure où, en si peu de temps, et dans une conjoncture très difficile, il put surmonter les périls qui menaçaient la communauté nouvellement bâtie par le Prophète (QSSSL) et préserver la cohésion des tribus arabes unies pour la première fois dans l'histoire autour d'une foi commune. Allant plus loin encore, il inaugura avec succès la série des conquêtes de l'islam qui permirent à la foi islamique de s'établir aux quatre coins du monde. Son assemblage du Saint Coran en un seul volume est aussi une œuvre admirable qui lui vaudra l'estime éternelle des musulmans. Cet homme aux grandes qualités de chef d'Etat savait aussi rester un homme ordinaire et modeste. Comment aurait-il pu en être autrement alors qu'il était un pur produit de l'école du Prophète (QSSSL) ? On rapporte qu'étant calife, il n'hésitait pas à aider une domestique à traire sa chèvre. Quant à sa piété, sa foi et sa vertu, il suffit de dire que le Prophète (QSSSL) lui-même a reconnu ces qualités pour reconnaître la valeur de cet homme hors du commun. En effet, d'après Sulayman Ibn Yâsir, l'Envoyé de Dieu (QSSSL) a dit un jour : «Dans le croyant, il y a trois cent-soixante qualités. Celui en qui se manifeste d'une de ces qualités, entrera au Paradis.» Abû Bakr qui était présent dit : «Ô toi qui m'est plus cher que mon père et ma mère, y a-t-il une de ces qualités en moi ?» Le Prophète (QSSSL) répondit : «Elles sont toutes en toi!» Ce fut aussi un grand sage qui laissa des maximes admirables sur le bon comportement dans la vie. Il a dit, entre autres : - «Que Dieu bénisse un homme qui s'est mis tout entier au service de son frère.» - «Cherche à te corriger: les gens seront amenés à être corrects avec toi.» - «La sagesse la meilleure est de craindre Dieu. La bêtise la plus grave est de lui désobéir; la vérité la plus évidente est de préserver le dépôt qu'on vous a confié (al-amâna) et le plus grave mensonge, c'est la traîtrise!» On rapporte au sujet d'Abû Bakr plusieurs cas de thaumaturgie comme la clairvoyance et le don de multiplier la nourriture. Ses jugements aussi étaient justes et sages. Il en a donné la preuve en choisissant pour sa succession 'Umar Ibn Al-Khattâb. Avec lui, en effet va s'ouvrir l'une des pages glorieuses de l'islam. (Suite et fin)

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