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«La FIFA ne peut pas rester telle qu'elle est»
Publié dans La Nouvelle République le 25 - 12 - 2015

Dans un entretien Jérôme Champagne se dit vraiment triste pour le verdict infligé à deux grandes personnalités du football mondial.
Comment vous avez appris la nouvelle de la suspension ?
Il était 5h45 ici à Asuncion, j'étais levé à cause du décalage horaire. Donc j'ai suivi ça de près. C'est triste parce que ce sont deux personnalités du foot. Mais je ne commente pas les décisions de justice.
Difficile de passer à côté en même temps, non ?
Oui, dès le petit déjeuner, on en a parlé avec des responsables chiliens, uruguayens, vénézuéliens, brésiliens, mais même moi, candidat à la présidence, je n'ai aucune prise sur ce genre d'événements. On ne peut rien faire.
Ça vous touche personnellement ?
Oui, ça me touche. Parce que j'imagine que pour quelqu'un comme M. Blatter qui a passé quarante ans de sa vie à travailler pour le développement du football mondial, j'imagine que ça doit être dur à son âge.
Ce n'est pas trop dur de faire campagne en ces temps-ci ? J'imagine qu'on doit vous parler systématiquement de Sepp Blatter et de Michel Platini, non ?
Bien évidemment. Le point de départ de tout programme de reconstruction, c'est l'analyse des problèmes actuels. Ce serait une erreur de ne pas reconnaître la crise actuelle et une erreur de ne pas en parler. J'ai passé onze ans à la FIFA, j'en ai été chassé en janvier 2010. Donc je suis très bien placé pour savoir ce qu'on peut garder, ce qui a été bien fait - les programmes de développement, le foot féminin... -, mais je sais aussi très bien ce que l'on doit changer, c'est pour ça que je suis à nouveau candidat. Moi, je suis focalisé sur l'avenir, sur gagner cette campagne et surtout convaincre parce que ça, c'est difficile.
Vous aviez été touché par votre éviction en 2010 ?
Bien sûr. Je n'ai rien dit pendant deux ans après mon départ. J'ai été victime d'une machination politique qui a été montée par une coalition composée de Bin-Hammam, Jérôme Valcke et de Michel Platini. Bien sûr que c'est difficile, mais vous savez, ce n'est pas arrivé qu'à moi, c'est arrivé également à d'autres. Je l'ai pris comme quelque chose de politique. Et c'était quelque chose de politique.
Aujourd'hui, vous prenez en quelque sorte votre revanche ?
Non, nullement. Je suis diplomate de carrière, j'aurais pu reprendre ma carrière diplomatique, mais j'ai voulu continuer dans le football. Pourquoi je suis candidat aujourd'hui ? Car on a besoin d'un pouvoir fort pour éviter que le football ne soit accaparé par ceux qui n'ont que des objectifs politiques, économiques et criminels.
Comment peut-on avoir envie de revenir dans un environnement qui vous a parfois été hostile ?
J'ai beaucoup de chance dans ma vie. J'ai 57 ans, j'ai une femme, des enfants, la famille dont j'ai toujours rêvée et j'aurais pu revenir tranquillement dans ma carrière diplomatique, mais comme le disait Eduardo Galeano, je pense que «le football est la chose la plus importante parmi les choses les moins importantes». Et aujourd'hui, quand vous voyez ce monde injuste, inégal, hostile, divisé, violent, notamment après les attentats de Paris, je crois qu'on a besoin de beaucoup de football. Dans cette crise terrible, on a besoin d'une FIFA forte et surtout d'avoir une Coupe du monde qui constitue cet immense moment de communion mondiale. Plus de trois milliards de personnes qui ont regardé au moins un match en 2014. Et ça, il faut le protéger. C'est pour ça que je le fais.
Mais la FIFA n'en reste pas moins un environnement hostile pour vous, non ?
Elle ne m'est pas hostile. Pas entièrement en tout cas. Aujourd'hui, je parle avec beaucoup de présidents de Fédération, de représentants de syndicats de joueurs, de représentants de club. Ces gens-là ont envie, besoin d'une FIFA qui retrouverait sa légitimité. Donc c'est peut-être un petit peu romantique, mais il faut aller rassurer ces gens.
Aujourd'hui, vous visez la présidence de la FIFA, mais c'est de notoriété publique, vous avez été le bras droit de Sepp Blatter pendant de nombreuses années. Est-ce que vous allez devoir vous justifier, vous différencier de ce passé ?
Michel Platini a été élu à l'UEFA grâce à Sepp Blatter. Le prince Ali a été élu vice-président de la FIFA grâce à Sepp Blatter. Le cheikh Salman a été élu président de l'AFC grâce à Sepp Blatter. Tokyo Sexwale a été nommé responsable de la «task force» contre le racisme par Sepp Blatter. Donc ça n'est pas une question de Monsieur Blatter ou pas. Moi, j'ai travaillé pendant onze ans à la FIFA, mais je n'ai pas honte de ces années-là. Pourquoi ? Parce que je ne me suis jamais occupé des questions financières et commerciales.
C'est quand même contradictoire, non ? On veut laver la FIFA, mais tous les candidats à la présidence ont un lien avec Sepp Blatter...
Bien sûr. Et je comprends le scepticisme. Mais moi, j'étais une première fois candidat en 2014 et je n'ai été accusé de rien. Encore une fois, je ne m'occupais pas des questions financières et commerciales. Et, je pense vraiment qu'il faut quelqu'un qui connaisse la FIFA pour la réformer. Quelqu'un qui viendrait de Mars ou de Vénus mettrait au moins deux ans à comprendre comment elle fonctionne... Bref, ça ne marcherait pas non plus. Et quelqu'un qui connaît la FIFA de l'intérieur a forcément un lien avec Sepp Blatter. Je comprends le scepticisme, je l'accepte, mais ça ne m'empêchera pas de me présenter.
Quel est l'état actuel de la FIFA ?
Moi, j'ai connu une crise très grave en 2001, où en moins de six mois, les deux partenaires économiques de la FIFA (ISL en avril 2001 et Kirsch en octobre 2001) ont fait faillite. Et aussi le 11 octobre 2001, c'est-à-dire un mois après le 11 septembre, le contrat d'assurance du Mondial-2002 a été annulé par l'assureur de la FIFA, bien qu'il y ait eu une clause anti-terrorisme. La crise était sévère. Mais on a réussi à la surmonter, à la dépasser. Ça m'a été extrêmement utile. Aujourd'hui, je la vis de l'extérieur puisque je n'y suis plus. C'est une crise très grave, avec un fort impact sur la crédibilité, sur la capacité de la FIFA à gouverner. Mais en même temps, il faut voir que les compétitions de la FIFA continuent, la Coupe du monde féminine 2015 a été un succès, la Coupe du monde des U17 aussi et la Coupe du monde des clubs aussi. La FIFA continue donc à fonctionner. La situation est très grave, mais elle peut continuer à vivre. Et je crois donc qu'elle survivra à cette crise.
Vu de l'extérieur, on a parfois l'impression que la FIFA c'est House of Cards, qu'elle est plus politique que la politique elle-même...
Ça dépend ce que vous appelez politique. Pour moi, il y a le politique et le politicien. Le politicien, oui, il existe. C'est-à-dire, quelqu'un qui manœuvre pour ses intérêts personnels. Mais moi, je pense qu'il faut rester sur les grandes questions politiques du football. Dans le bon sens du terme. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a encore trop d'inégalités. On ne peut pas continuer comme ça. Parce que le football va devenir comme le basket. Avec une seule ligue, comme la NBA, qui ait de l'importance. Où les compétitions de club sont plus importantes que les compétitions d'équipes nationales. Et ça, c'est dangereux. Donc moi, j'essaye de me focaliser sur ces questions politiques en laissant de côté les questions politiciennes.
Vous qui faites campagne à travers le monde, vous vous rendez compte à quel point elle fait mal, cette guerre Platini – Blatter ?
Je pense que le chemin qui était prévu, c'était 2010 Afrique du Sud, 2014 Brésil, 2018 Europe encore. Après, l'idée c'était de continuer la rotation, d'aller en Amérique du Nord en 2022, et d'aller en Asie en 2026. Et puis finalement, après tout ça, une vraie candidature arabe. Mais tout ça a changé à cause du vote du 2 décembre 2010. Je peux en parler librement, je n'y ai été pas, je m'étais fait virer onze mois avant. Mais regardez comment ce vote est un tournant. Dans le livre FIFAgate, comment le Qatar a fait exploser le système Blatter, vous voyez bien que cette décision a été un tournant, et que ça a été un élément de la cassure dans leur relation.
Vous vous êtes entretenu avec Sepp Blatter dernièrement ?
Oui, et vous savez, je ne m'en cache pas. Je l'ai appelé il y a quinze jours quand il est allé à l'hôpital pour savoir comment il allait.
Et comment il va ?
Posez-lui la question... Je ne suis pas là pour parler de Sepp Blatter.
Aujourd'hui, comment la FIFA peut se relever ?
Il y a des réformes en vue. Il va falloir les appliquer. Il va falloir ensuite changer de ton, changer de style, être plus accessible, être plus humble. La FIFA est une Fédération au service du peuple du football et il va falloir le montrer. Elle n'est pas au sommet des fédérations. Mais au service des fédérations. Il faudra beaucoup de ténacité, affronter le scepticisme, être jugé sur les faits, et c'est à ce prix-là qu'on pourra reconstruire l'image de la FIFA. Et ce sera compliqué.
Le changement, c'est quand ?
Maintenant. En 2014, j'ai été le premier à proposer des débats entre les candidats. Non pas parce que le grand public vote, mais parce que le grand public fait partie de la famille. Et on doit savoir qui est la personne qui va la diriger. Je l'ai à nouveau proposé, mais je regrette que personne n'ait accepté. Si on veut reconstruire la FIFA, il faut parler à ceux qui aiment le foot, et leur dire que oui, il y a eu des erreurs et qu'on veut les réparer. Vous parler ne me fait pas gagner de voix, mais je le fais parce que ceux qui me lisent se diront : «Oui, il a travaillé avec Blatter, mais peut-être qu'il n'est pas si mauvais que ça...»
Vous avez l'air inquiet tout de même ?
Oui, car la FIFA ne peut pas rester telle qu'elle est. Si elle reste telle qu'elle est, elle n'aura plus le pouvoir de gouverner le jeu. Aujourd'hui, des gouvernements dans le monde essaient de s'approprier le foot, certains essaient de rentrer dans le foot pour le fric, et si rien n'est fait, c'est le foot qui va souffrir.


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