La réponse paraît évidente. Les sommes astronomiques des transferts ou des négociations des droits de retransmission et les salaires attribués aux joueurs qui n'assurent souvent pas le spectacle attendu, font peser une menace sur la disparition de cette culture sportive puisque des conflits naissent entre clubs et dans bien des cas avec la LFP. Le championnat français a vendu pour l'équivalent de 718,7 millions d'euros de joueurs, ce qui représente une hausse de 37,5%. La FIFA en conclut que la France est un «producteurs de talents». Une hausse tirée par la Serie A (+74,7%) et la Liga espagnole (+42,2%). Mais la Premier League anglaise reste la plus grande dépensière. D'où cette sacrée question : pourquoi ces salaires faramineux ? Récompense méritée ? Encouragement pour le futur ? Où contrepartie d'un match qu'il faudrait gagner ? Le salaire ne laisse aucun collaborateur indifférent. Ces rémunérations différentes sont-elles souhaitables pour accroître le niveau de performance ? Et si seulement ces salaires contribueraient à développer la responsabilité de chacun ? Le placer face à ses résultats, à ses forces et à ses marges de progression ? La réponse se serait cachée dans les stratégies des clubs. Mais hélas des dirigeants, confortablement assis sur leur trône, dominent et font imposer la politique des enchères. Qui paierait le mieux et qui ferait briser telle équipe ou telle autre équipe de football. L'argent coule à flot, sans réserve, la folie des grandeurs continue à s'illuminer sur les stades et en face de cette saignée, il y a des clubs qui sont à genou, qui tentent de résister à cette violente force des clubs riches et au règlement de la LFP, qui menace leur survie à juste titre, au risque de sombrer dans une condamnation abstraite de l'argent. Un expert européen écrivait «l'argent n'est pas un phénomène nouveau dans le football. C'est son sens qui a changé : il ne s'agit plus aujourd'hui de dépenser pour obtenir de la gloire ou du plaisir, il s'agit de considérer le football comme une activité économique comme une autre, de lui imposer des exigences de rentabilité, de lui appliquer les règles du calcul économique». Du coup, le football apparaît comme étant exemplaire des transformations économiques des dernières décennies avec l'accent mis sur la spéculation financière, le caractère irréel de la valeur économique ou l'accroissement des écarts entre les revenus des acteurs. Le même expert écrivait : «Mais il est exemplaire aussi des interrogations accompagnant ces transformations : qu'en est-il de la valeur sportive et donc de la valeur en général ? Que deviennent les équipes nationales et donc la nation, quand le marché du sport est international ? Que devient la solidarité ou la communauté quand le football donne l'image d'une société où les riches veulent rester avec les riches ? Peut-on ou doit-on réguler pour contrôler cette évolution, et qui doit le faire ?» La question est posée, elle ressemble tout bêtement à celle qui fait force dans le système du football national. Un mal qui grandit où la bagarre des idées et des mots continuent d'alimenter la violence de près ou de loin. Ce week-end, c'est une autre victoire financière qui renforce le club kabyle. Il retrouve ses anciens amours, en l'occurrence l'Eniem et ce après 29 ans. Ils viennent de signer une autre convention après celle signée en 1978 et qui avait «chauffé» ce club jusqu'à 1989 soit le temps de la réforme sportive, après la loi de l'autonomie des entreprises. Deux signatures qui engagent l'Entreprise à accompagner la JSK dans sa participation aux compétitions nationales et continentales comme elle avait fait à l'époque de la Jumbo JET. «Je suis convaincu que la JSK est entre de bonnes mains. Une équipe dirigeante jeune et aussi une équipe de visionnaire et aussi de conviction qui a un objectif de bâtir un club moderne. Avec sa stratégie ce club va donner de la joie à toute la kabyle», dira à cette occasion le PDG Djilali Mouazer. Et d'ajouter «la JSK va jouer un rôle très important dans la stabilité de climat social au niveau de la Kabylie et pourquoi pas servir d'exemple pour la promotion du sport algérien gangrené actuellement par un climat malsain créé par les opportunistes». Le PDG de l'Eniem félicitera le président Cherif Mellal qui est venu en aide à l'ancien gardien international de la JSK des années 60/70, Abdenour Berkani à qui il a mis à sa disposition un appartement du club, annonce que son entreprise prendra en charge l'aménagement de cet appartement par les produits électroménager de la marque Eniem. Lors de sa conférence de presse, Mellal nous renvoie en plein cœur du sujet de notre papier d'aujourd'hui, il s'est attaqué avec véhémence au DG du club USMA qui venait à son tour d'avoir un échange de mots avec le directeur général du MCA. Sans le nommer, il lui reprocha d'utiliser des subterfuges pour briser l'élan du club kabyle. Il aurait, selon le président JSK, déclaré sur les ondes de la Radio chaîne III «qu'il ne prendra jamais un café avec Mellal et que lui et le président de la JSK ne prennent pas les mêmes boisons». La réponse diplomatique du boss kabyle est : «Ce club algérois a ses enfants qui peuvent le gérer dans la transparence», estime-t-il. Il offre le triple des salaires qu'on propose aux joueurs, car il y a de l'argent à gagner de part et d'autre. Nous, on ne cédera pas à la surenchère, car on a notre propre politique.» Il précisera ensuite que la JSK recrute des jeunes à 10 et 40 millions de centimes, alors que lui propose des salaires astronomiques. Ce n'est pas correct ce qu'il fait, mais on n'entrera jamais en conflit avec son club... On a deux matches de coupe à jouer avant la reprise du championnat. On fera de la Coupe d'Algérie notre premier objectif», a-t-il annoncé. Moralité, dans la nouvelle logique, si un club gagne, c'est qu'il a fait de bons investissements, si un club disparaît, c'est parce qu'il n'est pas rentable, qu'il ne correspond plus à une demande, et c'est alors un bien pour la collectivité dans son ensemble. Si une ville ou une région veut un club de football, elle doit savoir quel type de club de football elle souhaite, quels moyens elle compte mettre en œuvre et comment elle contrôle la gestion de ces moyens.