Selon les résultats diffusés, hier, le soutien au parti au pouvoir est en baisse notable dans sept des huit régions par rapport aux législatives de 2007, conséquence probable de la grogne suscitée par la hausse des prix et celle du chômage. L'opposition a dénoncé de nombreuses fraudes, affirmant que le Président n'avait pas tenu sa promesse de desserrer l'emprise du Kremlin sur le système politique. Trente-deux des 110 millions de Russes inscrits sur les listes électorales étaient appelés à renouveler huit Parlements régionaux, a élire cinq maires et des dizaines de conseils municipaux. La participation a été de 43 %. Ces élections arrivent à mi-mandat pour Medvedev, qui peine à mettre en œuvre son engagement en faveur d'un système politique plus libre. Avec 39,79 % des suffrages, Russie unie perd environ 25 % des voix dans la région de Sverdlovsk, dans l'Oural, par rapport à 2007. Le score du parti au pouvoir est en hausse dans une seule région, celle de Voronej, où il gagne 14 % pour atteindre 62 % des voix. Autre déception pour Russie unie, son candidat n'a pas été élu à la mairie d'Irkoutsk, en Sibérie, où il a été devancé par son rival du Parti communiste. «La popularité de Russie unie est clairement en baisse en raison de la crise», qui a donné un coup d'arrêt à dix ans de croissance économique rapide, explique Nikolaï Petrov, analyste du Centre Carnegie à Moscou. Les accusations de fraude ont été si massives en octobre dernier, lors d'un scrutin municipal à Moscou remporté par Russie unie, que trois partis d'opposition d'ordinaire modérés avaient quitté le parlement. La promesse faite par Medvedev d'un vote cette fois plus transparent les a convaincus d'y revenir. Fraudes «La fraude est aussi grave, si ce n'est pire, qu'il y a six mois», a affirmé Vladimir Ovsiannikov, député du Parti libéral-démocrate (nationaliste). A l'instar des communistes et de Russie juste (gauche), deux autres partis d'opposition tolérés par le Kremlin, Ovsiannikov a déclaré que les libéraux-démocrates attendraient la publication des résultats officiels pour porter un jugement définitif. Russie unie a consacré une grande partie de sa campagne à contrer un mécontentement croissant lié à la hausse rapide des prix des services communaux et à la montée du chômage. Malgré une série de discours à teneur assez libérale, les analystes estiment que Medvedev n'a pas suscité de changement majeur par rapport à la présidence de Vladimir Poutine, aujourd'hui Premier ministre, et qui reste considéré comme l'homme fort du tandem exécutif. Golos, principal organe indépendant de supervision électorale du pays, a dit qu'il continuait de suivre de près le dépouillement mais que la campagne et le scrutin n'avaient pas été plus propres que les élections de ces dernières années. «Nous n'avons vu aucun signe d'amélioration dans la conduite de ces élections», a déclaré sa directrice Lilia Chibanova. La campagne a été ternie par l'interdiction de candidats du parti Iabloko dans deux régionales, les autorités invoquant l'invalidité de plusieurs milliers de signatures récoltées pour obtenir le droit de se présenter. Des partis d'opposition ont énuméré, dimanche, une série d'irrégularités allant de la corruption d'électeurs à l'abus du vote par procuration. Ils ont accusé Russie unie d'abuser de sa position pour dominer les médias et écarter des rivaux du scrutin. La Commission électorale centrale a dit avoir reçu durant la campagne près de 50 % de plaintes de moins qu'en octobre. «Lorsqu'ils (l'opposition) perdent, ils disent que tout était truqué. Ce n'est tout simplement pas le cas», a déclaré, avant l'ouverture du scrutin, le président de la Commission électorale, Vladimir Tchourov.