Le politique est politique quand il ne fait pas de politique, mais devient apolitique dès qu'il recommence à faire de la politique. L'écriture est le seul domaine de l'écrivain, même si ce dernier ne sait pas écrire. Le politique ne doit en aucun cas écrire, car ce n'est plus de la politique, mais de la provocation,. Et si le politique finit par écrire ce que les apolitiques ne veulent pas qu'il écrive, alors il est tout de suite accusé de détournement de biens d'autrui. En Algérie, on accuse ceux qui ne font pas de l'histoire de lâches et de n'ayants pas droit par ceux qui font des histoires. On n'a pas le droit de parler de la révolution parce qu'on ne l'a pas vécue, et ceux qui l'ont vécue la confisquent, puis interdisent et s'interdisent d'en parler et, bientôt, quand nos aînés disparaîtront, nous n'aurons plus d'histoire. On va inventer Blec le roc, Zembla et Tom et Jerry made in Algeria. Mais de quel droit peut-on dire que telle ou telle personne n'a pas le droit de parler de l'histoire ou de la révolution, parce qu'il ne l'a pas vécue. Doit-on, par conséquent, éliminer la filière histoire de l'université algérienne . Une chose est sûre, c'est que jamais un livre n'a eu l'effet du volcan islandais en Algérie que celui du docteur Saïd Sadi, un livre que je n'ai pas encore lu — comme d'ailleurs celui qui ne l'a pas encore lu, mais moi c'est faute de disponibilité du livre et non pas d'indisponibilité de le lire — a le mérite de faire tomber beaucoup de masques après la confiscation de l'histoire et des ossements de ceux qui ont fait l'histoire ; on veut denier le droit d'en parler. Le régionalisme et principalement l'anti-kabylisme est toujours d'actualité dès qu'il s'agit de Kabyles. Le monopole n'est pas uniquement économique mais aussi historique. Ceux qui n'ont pas fait la révolution sont toujours considérés comme mineurs et s'ils osent bouger, ils auront le coup de grisou. La révolution algérienne pour les générations nées après l'indépendance ne doit se résumer qu'aux résumés des films concoctés, mijotés et trafiquotés par eux et pour nous. Alors, à qui veut l'entendre puisque les sourds entendent : le colonel Amirouche est et reste notre héros, son livre nous le liront et son auteur nous le félicitons. Morad Debza, un mineur majeur