L'expérience algérienne en matière de séquestration de gaz carbonique est une référence sur le plan mondial. Le projet de captation et de séquestration de gaz carbonique opéré sur le champ gazier d'In Salah, a fait l'objet hier, à Alger d'une présentation devant les experts nationaux et internationaux, lors de la tenue du second symposium sur la technique précitée. L'usine de Krechba est l'un des rares projets sur la scène internationale prenant en charge la technique de «capture et stockage géologique du CO2» (CSC). Le projet exposé devant les experts met en exergue les potentialités de la CSC à avantager la réduction des émissions de CO2. Ce dernier, pour rappel, est responsable de l'effet de serre portant atteinte à l'équilibre environnemental via les changements climatiques. La capture et le stockage du CO2 «comme procédé de réduction des émissions de carbone par différentes sources industrielles réduit les effets des émissions de CO2» rappelle pertinemment Mohamed Keddam, vice-président de la joint-venture regroupant, Sonatrach, BP et Statoil. Le site d'In Salah, géré par la joint-venture est depuis 2004, en tête des plus grands laboratoires de «pipeline écologique». Le projet produit chaque année 9 milliards de m3 de gaz, qui contiennent entre 4 et 9 % de CO2, alors que l'Europe, où ce gaz est acheminé, exige que la part du CO2 n'excède par 0,3%. Une opération d'extraction du CO2, au moyen d'un solvant chimique -l'amine- est indispensable. Une fois «purifié», le gaz est acheminé par un pipeline vers Hassi R'mel, à 450 km au nord, d'où il rejoindra l'Europe. Le CO2, après avoir été comprimé à 180 bars, est envoyé dans un réservoir naturel situé à la périphérie de la zone d'extraction du gaz. Selon M. Keddam, l'Algérie a aujourd'hui la capacité d'enfouissement de 600 000 m3 de dioxyde de carbone dans des réservoirs naturels souterrains pour protéger l'atmosphère de ce gaz à effet de serre, soit l'équivalent de ce que rejettent, en moyenne, 200 000 voitures roulant 30 000 km par an. Après sa capture, le CO2 est compressé et injecté profondément dans le sous-sol dans des formations géologiques sûres. Il est alors surveillé très étroitement pour s'assurer qu'il demeure définitivement dans le sous-sol. «Nous souhaitons provoquer un effet d'entraînement en démontrant que le procédé est techniquement faisable, économiquement acceptable et géologiquement viable», soutient Mohamed Keddam. En outre, la décision de stocker en sûreté le CO2, plutôt que de le dégager dans l'atmosphère, démontre l'engagement de l'Algérie envers l'allègement du problème du changement climatique.