Quelle est la capacité du FLN en tant que formation politique à peser sur les grandes orientations relatives à la politique extérieure du pays ? Même question pour ce qui concerne la politique intérieure. En définitive, s'agirait-il d'un parti qui est réellement au pouvoir avec toutes les implications qui en découlent ? Le FLN a survécu à au moins trois évènements. Il a d'abord survécu à l'indépendance. Sa mission était terminée du fait que l'indépendance était acquise et qu'il devait rejoindre le musée de la Révolution, libérant tous les courants politiques qui avaient accepté de le rejoindre en se désactivant jusqu'à l'accès à l'indépendance nationale. Cela n'avait pas été le cas et il s‘en était suivi comme une sorte de parjure. Il a ensuite survécu à la dissolution du FIS. Il n'avait pas pu faire le poids face à ce parti dissous par la suite. Les membres du parti FLN (les militants ?) s'étaient présentés aux élections législatives de l'époque, non pas en tant que militants, mais en tant que fonctionnaires. La tradition «vainqueur» d'office a inhibé les «militants» du FLN lors des élections sans concurrents durant l'ère du parti unique qui diffusait le message «unité de pensée, unité d'action». Il a ensuite survécu grâce au refus politique de la légalisation de Wafa. On disait de ce dernier parti qu'il allait devenir la jonction entre les militants conservateurs du FLN et ceux du FIS. Autonome, le FLN ? Les «instructions d'en haut» prouvent qu'il n'en est rien de cela. La «justice de nuit» également. A qui appartient le FLN sachant que ses membres fondateurs ne sont pas ceux qui le dirigent actuellement ? Il y en a cependant qui continuent à défendre la thèse selon laquelle tous les courants qui traversent ce parti représentent les vrais décideurs, ceux de qui «descendent» les «instructions d'en haut».