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19 juin 1956, ahmed Zabana et le rendez-vous avec la "chahada"
Publié dans Réflexion le 25 - 01 - 2012

Dans son tome 1, l'Embrasement, Yacef Saâdi rapporte un témoignage sur l'exécution de Zabana. Au soir du 16 mai 1956, une fourgonnette banalisée avait livré à la prison Barbarousse des caissons scellés contenant la guillotine démontée.
Nul ne savait pour qui elle était destinée. Mais on doutait qu'elle s'est installée à Barbarousse et qu'elle allait fonctionner pour longtemps. Les plus concernés ce sont bien sûr ceux qui avaient été condamnés à mort et qui logeaient dans les sous-sols de la prison, c'est-à-dire le quartier des condamnés à mort. Zabana un ancien de l'Os n'avait aucun espoir d'une quelconque grâce et il le savait. Yacef Saâdi écrit : « A l'approche de l'aube fatidique, des personnalités du culte, parmi lesquelles Monseigneur Duval, archevêque d'Alger, le grand muphti et le grand rabbin harcelèrent de suppliques le ministre résident, le conjurant d'user de son pouvoir auprès du Président Coty pour statuer en faveur de la grâce au cours d'une ultime entrevue ». Robert Lacoste leur répondit : « Le sang appelle le sang ».
La machine de la honte
Zabana sera le premier moudjahid guillotiné à la prison Barbarousse, le 19 juin 1956. Sa décapitation, pieds et mains liés, ainsi que son supplice se feront sous le regard de l'administration française qui a reconnu son courage devant la mort, ou plutôt le supplice. Zabana n'avait que 30 ans, lorsqu'il affronterala machine infernale, dignement, la tête haute, en criant dans la cour de la prison centrale de Serkadji à travers les couloirs et à plusieurs reprises : « Allah Akbar », « Tahia El-Djazair ». Par deux fois la guillotine s'est arrêtée à quelques centimètres du cou de Zabana. A la troisième tentative la tête a été tranchée, mais n'est pas tombée dans le panier. La bêtise coloniale a accepté la mission à laquelle elle avait été conviée et finira par couper la tête d'un militant mutilé physiquement (borgne et estropié ; une balle à la jambe une autre au bras gauche une troisième à l'œil gauche en tentant de mettre fin à ses jours). Le sang de Zabana n'a pas giclé, mais s'écoulait lentement, ce qui fut vu comme un autre miracle, après que la tête est restée attachée au tronc. Dieu avait voulu qu'elle reste reliée au corps et ne tombe pas dans le panier défiant ses bourreaux. Des témoins rapportent qu'il avait beaucoup souffert avant son exécution puisqu'il avait fait plusieurs mois dans la forteresse de Barbarousse dans une cellule au quartier des condamnés à mort.
Un véritable mythe de la résistance algérienne personnifie par Zabana
Même son avocat, maître Zertal, assistait désarmé et impuissant au supplice de son client. La tradition veut qu'un condamné à mort qui ne meurt pas à la première tentative de la guillotine soit gracié de la peine de mort et voit sa condamnation transformée en peine à perpétuité. Cela n'a pas été le cas de Zabana car, en ces temps-là, la France a décidé de décapiter Zabana à la grande joie des colons. C'était méconnaitre l'acharnement des Français contre ce valeureux militant qui véhiculait un véritable mythe de la résistance algérienne personnifie par Zabana, le Zapata algérien. « Dieu n'abandonne jamais les croyants lorsqu'ils sont dans le voie de la justice et empruntent le droit chemin ». François Mitterrand était ministre de la justice et garde des Sceaux. Il avait auparavant occupé une autre fonction importante, celle de ministre de l'Intérieur ; il avait dés le 1er novembre ordonné le déplacement d'urgence de plusieurs escadrons de police en renfort en Algérie. En tant sue ministre de la justice, ses prérogatives de même que ses attributions lui donnaient plein droit de se prononcer sur le recours en grâce déposé par les condamnés à mort. Le président de la République française ne pouvait aller contre l'avis de son ministre de la Justice et du Conseil de la magistrature, ne serait-ce que par éthique, par tradition de justice, ou encore par simple « morale » (selon ce que l'on sous-entend par « simple morale »). On a beaucoup écrit sur les conditions dans lesquelles Zabana a été guillotiné en hommage à son sacrifice pour la cause nationale. Ainsi au moment de quitter ses compagnons, rapporte Ali Zamoum, Zabana répète jusqu'au lieu de son exécution : « Je meurs mais l'Algérie vivra ; je meurs mais l'Algérie vivra ; je meurs mais l'Algérie vivra ». Il avait demandé à faire sa prière, ce qui lui fut refusé, une autre entorse à l'éthique judiciaire. Sous la protestation de Maître Zertal, l'administration accepta sa demande. Durant sa prière, ses bourreaux s'énervèrent, tentèrent d'interrompre sa prière, n'eût été l'intervention de son défenseur. Maître Benbraham rapporte que le muphti présent pendant l'exécution ne pouvait supporter le regard du condamné. Ainsi est mort, parmi les novembristes, le premier martyr de la Guerre de libération nationale guillotiné, pour que les générations montantes de l'Algérie indépendante puissent vivre libres et fiers dans leur patrie.
Zabana répétait en s'avançant : « Je suis fier de monter le premier sur l'échafaud »
Yacef Saâdi nous gratifie de beaucoup de détails quant à l'exécution de Zabana ; cela s'explique par le fait que tout ce qui se passait dans la Zone autonome d'Alger à cette époque lui était rapporté immédiatement par son service de renseignement. Dans le tome I L'embrasement chapitre « le Sang appelle le sang ». Yacef Saâdi affirme : « Malgré son isolement, chacun savait qu'il était là. On était fier de lui. Les « droits communs »…lui chuchotaient quelques traits descriptifs de la prison… Le 19 juin à l'aube, instruit de l'imminent désastre, les gardiens descendirent au sous-sol pour rabattre les guichets des cellules geste machinal et superflu destiné surtout à rendre anonyme la mort d'un homme, une mort qui avait mûri dans les entrailles chaque prisonnier. « Une voix résonnante, profonde, chargée d'une persuasive chaleur humaine envahit les cellules et les coursives étroites, remontant jusqu'aux salles de détention collectives comme une force irréelle, des profondeurs de la terre. « Tahya El-Djazair », « Vive l'Algérie », scandé haut et ferme. Ahmed Zabana, la figure auréolée d'un éclat messianique, tournait la tête dans toutes les directions pour adresser ses adieux aux barricadés des autres réduits. Il répétait en s'avançant : « Je suis fier de monter le premier sur l'échafaud. Avec nous on sans l'Algérie libre vivra ». Minutes angoissantes… Au travers des fenêtres et des barreaux des salles, les détenus entonnèrent un chant patriotique que d'autres reprirent en chœur. En quelques secondes, tout Serkadji explosait… Il marchait impassible, les mains liées derrière le dos ; traînant derrière lui la chaîne de bagnard rivée à ses chevilles… en Zabana tous les détenus allaient mourir un peu… Avant de s'incliner, Zabana chargea son avocat d'un message pour se mère …
Le couperet s'enraya par deux fois… Quelques instants après ce fut le tour de Ferradj… « Dans la Casbah, tel un veut violent, s'élevaient les « youyous » des femmes, stridents et drus comme des cris d'oiseaux, métalliques et furieux… « Il ne restait qu'une chose à faire … répliquer… Je chargeai un groupe de la rue de Thèbes composé de jeunes…Je remis à chacun un tract mentionnant : « Zabana et Ferradj vous êtes vengés. » Message à placer bien en vue sur chaque victime. »
« Des extraits tirés du livre « Viva Zabana »


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