L'Italie vient de définitivement adopter une loi controversée durcissant son arsenal anti-immigration. Ce projet phare du gouvernement de Silvio Berlusconi fait notamment de l'immigration clandestine un délit. Certaines dispositions sont déjà entrées en vigueur par décrets-lois. Condamné par les organisations de défense des droits de l'homme et l'Eglise catholique, la loi a été adoptée lors d'un vote de confiance, une procédure accélérée, dénoncée par la gauche. Elle introduit un délit d'immigration clandestine puni d'une amende allant jusqu'à près de 1000 euros assortie d'une expulsion immédiate. Le séjour des clandestins dans les centres de rétention pourra également être prolongé jusqu'à six mois (deux mois actuellement), afin de permettre leur identification en vue de leur expulsion vers leur pays d'origine. Les passeurs et les Italiens qui loueraient un toit à des immigrés illégaux risqueront aussi jusqu'à trois ans de prison. Le projet légalise aussi les «rondes de citoyens», c'est-à-dire que les citoyens peuvent faire la police eux-mêmes et procéder à des contrôles sur l'existence de harraga, une concession de taille au parti anti immigrés de la Ligue du nord, allié du parti au pouvoir de Silvio Berlusconi. La Ligue est à l'origine des premières rondes dans le nord du pays où elle est fortement implantée.