L'Ugta avait pris les devants pour faire un certain nombre de déclarations. D'abord, son SG annonce qu'après la fête de l'Aïd, le gouvernement, l'Ugta et le patronat se réuniront dans le cadre de la tripartite à l'effet d'aborder la question des salaires. Le SG de cette organisation syndicale est intervenu en ciblant le Snmg, facteur d'investissement politique du PT. A travers la question des salaires, il est surtout question de pouvoir d'achat, celui qu'il va falloir réajuster pour rattraper les implications d'une dérive des prix apparemment non tout à fait contrôlée. Le pouvoir d'achat plutôt que les salaires va être promu comme thème de débat et de revendication à l'occasion de la rentrée sociale. Cela ne signifie pas forcément que va s'engager une grave perturbation sociale généralisée, contrairement à ce qui a été annoncé chaque année. Si le salaire est appréhendé comme unique variable à saisir pour augmenter le pouvoir d'achat, sa revendication va être portée par les syndicats autonomes qui reprochent à l'Etat de ne pas les légaliser et de ne pas les impliquer dans les négociations au sein de la bipartite comme de la tripartite. C'est généralement dans le secteur public administratif lié à la Fonction publique que se produisent le plus de grèves à répétition et cela est dû plus particulièrement à l'apparition de syndicats dit autonomes qui puisent une certaine légitimité dans l'organisation des grèves, n'étant pas légalisés par l'Etat. Le pouvoir d'achat, cependant, ne se résume pas exclusivement aux évolutions des salaires, mais reste étroitement lié aux dérives des prix qui ont des implications directes sur les ménages, surtout quand elles interviennent à des périodes où entrent en conjonction le ramadhan, la rentrée scolaire et les dépenses dont on dit qu'elles sont incontournables et qui sont occasionnées par les nécessités de fêter l'Aïd. Alors que l'on ressort la pauvreté comme thème à connotation fatalement politique dont le débat est orienté soit pour justifier la mise en œuvre d'une politique soit au contraire pour critiquer cette politique, les critères de définition du taux de pauvreté et donc de l'évaluation de la masse des populations dites pauvres n'intègrent pas le secteur informel pourtant qui crée des richesses qui ne sont pas reconnues. Par Rochdi Ould Yahia