Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a ordonné à l'Organe national de prévention et de lutte contre la corruption de rouvrir les dossiers de corruption. Il s'agit de dix dossiers liés à des secteurs stratégiques à l'instar du secteur de l'agriculture, le commerce extérieur, les industries électroniques... En plus de ces dossiers, il y a aussi ceux appelés communément les dossiers «lourds», en l'occurrence des affaires de corruption dans les secteurs des douanes et des banques. Des sources bien informées indiquent que le chef de l'Etat a ordonné la semaine dernière de rouvrir l'enquête sur des milliers de milliards détournés du Trésor public. Il s'agit notamment de détournement de fonds et d'affaires douteuses dans 40 projets dans le secteur de l'agriculture (des projets de réalisation de barrages, de retenues collinaires, de reboisement ainsi que des forages). Le Président a par ailleurs donné des directives dans lesquelles il met en exergue la nécessité de rouvrir l'enquête sur le dossier d'importation du pesticide utilisé dans la lutte contre le criquet pèlerin. Cette affaire a couté au Trésor public plus de 800 milliards de centimes qui ont été dépensés pour acquérir une «poudre» importée par le Haut commissariat au développement de la Steppe (Hcds). Toutefois, une enquête ouverte sur cette transaction a révélé que le contrat a été signé avec un opérateur privé, d'une manière douteuse. Les services chargés de rouvrir l'enquête sur cette affaire, la semaine dernière, ont entendu certaines personnes impliquées, de près ou de loin, dont le commissaire du HCDS de Djelfa. Le président de la République a, par ailleurs, ordonné à l'Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, qui a été installé au mois de janvier dernier, de rouvrir l'enquête sur le dossier de corruption relatif aux Douanes algériennes après qu'il a reçu un pli spécial, le 9 janvier dernier, sur cette affaire qui a couté au Trésor public une somme colossale, une somme qui aurait pu servir à la réalisation de 100.000 logements sociaux. Parmi les affaires liées à la corruption, figure aussi celle de l'exportation des déchets ferreux et non ferreux qui a couté au Trésor public des pertes énormes, estimées à plus de 15.000 milliards de centimes selon le rapport secret envoyé au président de la République dont nous détenons une copie. Les directives du président de la République portent également sur le dossier de faux et usage de faux, lié au transfert illégal de devises vers l'étranger. Dans ce contexte, des sources fiables ont indiqué que ces affaires ont fait perdre au Trésor public, selon le même rapport, 20.000 milliards de centimes. Les directives de Abdelaziz Bouteflika portent également sur l'importation des appareils électroménagers par la voie des systèmes SKD et CKD qui ont fait perdre au Trésor public plus de 10.000 milliards de centimes.