Le président sortant du Comité international des services de renseignements et de sécurité africains (CISSA), Mohamed Atta El Moula Abbès a souligné, mardi à Alger, les réalisations de la révolution du 1er novembre 1954 et son rôle d'avant-garde dans les luttes de libération et d'affranchissement du joug colonial. Intervenant à la séance d'ouverture des travaux de la 9ème session du CISSA, M. El Moula Abbès a indiqué que la révolution algérienne a été une référence pour les pays africains" en matière de lutte contre l'occupation, précisant que l'Afrique demeura fidèle à cette révolution qui l'a tant inspirée. M. El Moula Abbès a également saisi l'occasion pour féliciter l'Algérie à l'occasion de la commémoration du cinquantenaire du recouvrement de la souveraineté nationale, estimant que la tenue d'une telle rencontre la veille de cet évènement "se veut la meilleure preuve de la solidarité africaine". D'autre part, le responsable soudanais a évoqué le rôle du CISSA, créé en 2004 à Abuja (Nigeria), soulignant "la détermination" de cet organe "à poursuivre" son rôle pour "la préservation de l'Etat national" en Afrique et "des libertés des peuples du continent". Le colonialisme "réapparaît actuellement sous une nouvelle forme", ce qui exige des membres de cet organe "d'assumer leurs responsabilités pour le dénoncer et faire échouer ses plans", a-t-il prévenu. M. El Moula Abbès a, par ailleurs, présenté le bilan de ses activités à la tête du CISSA, dont la dernière session a été tenue en 2011 à Khartoum, rappelant que l'organe avait tenu, sous sa présidence, trois ateliers de travail au Cameroun, à Addis Abeba (Ethiopie) et à Alger. Le premier atelier avait examiné une première mouture de document élaboré par l'UA et renfermant des propositions de réforme du secteur sécuritaire, alors que l'atelier d'Addis Abeba a été consacré aux menaces sécuritaires dans la région des grands lacs. Quant à l'atelier d'Alger, il a porté sur le soutien des mouvements de libération et la préservation de la souveraineté nationale des pays africains. Après avoir souligné que la coopération et la solidarité entre les membres du CISSA "est le seul moyen" de relever les défis liés à la sécurité nationale, le président sortant du CISSA a cité parmi ces principaux défis, les menaces d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la situation prévalant en Somalie, au Mali et au sud du Soudan, et en Afrique du nord, notamment en Tunisie, en Libye et en Egypte. L'ouverture de la session a été marquée par la présence du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, et le commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, outre des membres du gouvernement. La 9ème session du CISSA se tient sous le thème "Travaillons ensemble pour faire face aux défis sécuritaires nationaux, régionaux et continentaux grâce à l'ancrage historique et à la solidarité". Les missions dévolues au CISSA consistent notamment à fournir au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) les données nécessaires à l'adoption, entre autres, d'une politique et d'une stratégie africaine pour le maintien de la paix, la prévention et la gestion et résolution des conflits, ont indiqué les organisateurs. Les réunions du CISSA se tiennent régulièrement le mois de juin de chaque année, avant le sommet de l'UA. Elles sont organisées par les membres du CISSA sur une base tournante et par alternance entre les cinq régions du continent. La tenue de cette conférence à Alger en 2012 coïncide avec le 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, qui a joué un rôle de leader dans le soutien aux mouvements de libération en Afrique et qui assument actuellement un rôle similaire quant aux défis, notamment sécuritaires, auxquels le continent fait face. Le CISSA a été créé le 26 août 2004 à Abuja au Nigeria par les directeurs des services de renseignements et de sécurité africains afin d'aider l'UA et toutes ses structures à relever les défis sécuritaires auxquels l'Afrique est confrontée. La deuxième session du CISSA a été tenue en Libye en 2005, puis à Windhoek (Namibie) en 2006, Khartoum (Soudan) en 2007 et 2011, Cap-Town (Afrique du Sud) en 2008, Luanda (Angola) en 2009 et Brazzaville (République du Congo) en 2010. Les travaux de la 9ème session du CISSA se poursuivent à huis clos.