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Reflets de soleil sur l'Euphrate
Folio
Publié dans El Watan le 06 - 10 - 2008

Abandonné à la seule force de son âme, symbole à rebours de l'aventureuse imagination de Hamed El Ghoufali(1),Mansour El Forati est un personnage dont la naissance ne peut faire l'objet d'un acte de « paternité unique ». Seul le langage romanesque qu'il exprime peut ou le dissocier méthodiquement ou le concilier en une vive et substantielle unité synthétique. Le caractère énigmatique vient de ce que le lecteur de Au-delà de l'Euphrate(2) a quelque difficulté à épouser rétrospectivement l'attitude du romancier devant son personnage — attitude d'enquête intellectuelle, des raisons profondes de Mansour El Forati à vivre de cette façon — et de partager après coup son illumination intérieure. Mais la difficulté n'est que passagère quand on se remémore les raisons profondes — largement commentées par les experts dans les médias du monde entier — qui ont poussé les USA, depuis 1991, à « frapper » l'Irak, l'un des plus grands pays producteurs de pétrole. En fait l'Irak a été « frappé » depuis la nuit des temps par les puissants. Houlako, Alexandre le Grand et Bush ne sont certainement que « la partie visible de l'histoire ».
Comme l'Irak, Mansour El Forati a été, depuis sa prime enfance, « frappé » par ses grands frères, son père, les enfants de son quartier, le maître d'école… ce qui a poussé sa mère (la seule personne qui ne l'a jamais frappé) à l'appeler « El Madhroub » (le frappé) dans ses délires de vieille gâteuse, oubliant totalement son prénom ; et pourtant Mansour était son seul… fils ! Mansour El Forati constituait, dans sa jeunesse, l'orgueil et la joie de cette « maman ''frappée'' par la vie ». Brillamment doué, il était un jeune garçon aussi beau qu'un de ces anges qui voltigeaient comme des navettes au clair de lune dans les envions de la tour de Babel couronnée de fleurs. De taille brève, mais bien proportionnée, la démarche gracieuse et le verbe aisé. A l'école du quartier, il s' était toujours classé premier sans peine. Il écrivait un arabe si remarquable qu'il devait, par quelques poèmes, remporter tous les prix scolaires. Ses dons en maths, sciences et dessin n'étaient pas moins précoces et extraordinaires. Plus tard (à l'université) il jouera du piano et de la guitare. Doigts de fée, cervelle d'or… c'est bien un « petit génie ». Mansour El Forati aime sa mère, son Baghdad et… son Irak. Dans sa prime jeunesse, ils sertissaient d'un « feuillage, sombre et doux, comme celui de la rive gauche de l'Euphrate », la somptueuse corolle de sa grâce et de son génie. Qui se douterait de la vérité ? Qui se douterait que Mansour El Forati sera l'églantine éphémère ? A l'université, Mansour s'y ennuie vite ; un esprit inquiet l'agite.
Il commence à douter de lui-même. Et pourtant, il continue à pondre articles, essais (parfois génialement scientifiques) et poèmes et retourne brusquement, de temps à autre, respirer ce bon air de son quartier où « la brise et la murmure des roseaux de l'Euphrate si proche lui fournissent cette nostalgie sans laquelle il ne peut plus vivre. Ses écrits sont taxés de subversifs. Lui même accusé de « mouchaouche » (réactionnnaire), emprisonné, renvoyé de l'université, se voyant interdit et par les Américains et par « ses frères irakiens » de devenir « le symbole de la jeunesse », « le constructeur d'un rêve nouveau », il s'efforcera d'être au moins « la plaie qui poussera son peuple à se surpasser à faire face aux vents de sable meurtriers… » Mais, génie inconsolable ou poète généreux « jusqu'à l'incompréhension », Mansour El Forati deviendra fou. A la fin de son roman, Hamed El Ghoufali ne « tue » pas son héros. Il a préféré le laisser errer dans Baghdad meurtri, en déclamant, « à gorge déployée et ensanglantée » des extraits de « ses poèmes aussi beaux que les reflets du soleil levant sur l'Euphrate. »
1 + 2 - romancier irakien née à Baghdad en 1972 Au-delà de l'Euphrate est son 3e roman.


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