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Un hôpital des maladies du cerveau
Publié dans El Watan le 04 - 08 - 2007

Ecoute lui dis-je, depuis la nuit des temps, l'origine, l'histoire de la psychiatrie se confond avec celle de l'humanité, et le neurochirurgien est le voisin naturel du psychiatre pour une multitude de raisons qui tiennent aux secrets et aux particularismes du cerveau et à ses multiples circuits. Il faut te souvenir, mon ami, que la neurochirurgie ce n'est pas uniquement de l'oncologie du système nerveux, c'est-à-dire le processus tumoral et les troubles cliniques qui s'y rattachent. Entre les deux spécialités, il existe un véritable cordon ombilical qui les unit solidement. La complexité des désordres pathologiques, les secrets de l'enchevêtrement neuronal qui font que la substance grise est en position centrale dans la mœlle épinière et qui devient ensuite périphérique au niveau du cerveau, méritent la collaboration de tous ceux qui s'intéressent au système nerveux. Certes, les lois de la nature ne sont pas toujours faciles à expliquer…Il ne faut pas non plus perdre de vue que le cerveau est le centre de commande de tous les organes du corps humain. Rien n'existe sans lui ! La chirurgie du cerveau s'intéresse aussi aux perturbations que génèrent certaines lésions neuronales et qui se traduisent par des troubles du comportement ou autres signes cliniques… Aujourd'hui, les connaissances physiopathologiques sur les circuits anatomiques, qui jouent un rôle déterminant dans certains troubles mentaux, sont meilleures et les possibilités thérapeutiques existent.
Tu comprends pourquoi le neurochirurgien reste le meilleur et le fidèle collaborateur du psychiatre ! Comment veux-tu que l'on se quitte ? Les deux spécialistes ont la même feuille de route. En effet, la maladie psychiatrique dans sa genèse, dans son évolution et dans sa prise en charge intéresse beaucoup le chirurgien du système nerveux central. En fait, on peut dire sans risque de se tromper, que psychiatrie et neurochirurgie sont les deux faces d'une même pièce, c'est-à-dire le cerveau. Elles ont besoin toutes les deux de plus d'attention, car les difficultés qu'elles rencontrent sont réelles et freinent leur essor. Pour toutes ces raisons, elles doivent donc rester sous le même toit, dans la même maison !» «Je sais», me dit Touhami, mais qui fait attention à moi et à ce que je dis ou à ce que je pense ! Est-ce une vie d'homme que je mène ? J'entends autour de moi les gens parler de cancer et rarement de santé mentale ! Sans minimiser ou diminuer le risque ou le pronostic de la maladie cancéreuse, mais pour moi et par rapport au mal dont je souffre, le cancer peut-être plus supportable. Je m'explique ! Y a-t-il docteur, une maladie plus grave, plus pénible et plus dure que celle qui fait de vous un être sans repères ! Vous êtes en quarantaine pratiquement pour toujours ! J'ai tout perdu : famille, amis, emploi etc. Tout ce que je possède tant sur le plan affectif que matériel se trouve ici, entre ces quatre murs. J'arpente les allées de l'hôpital matin et soir. J'ai perdu la notion du temps ! Du temps, je ne connais que le jour et la nuit ! Rien d'autre ! Je te rappelle que j'habite pratiquement l'hôpital mais personne ne fait attention à moi ! Docteur, la santé mentale doit être placée au-dessus de tout car c'est la seule et véritable richesse de l'homme. Sans elle rien ne peut être entrepris ! La santé mentale doit bénéficier aujourd'hui, de plus de considération. Lorsque la maladie mentale vous frappe, elle laissera des traces indélébiles ! Le regard que vous porte la société en est le témoin. Et c'est à partir de ces moments que commence pour vous une autre souffrance due à l'isolement progressif aboutissant inexorablement à la solitude… Vous êtes seul dans la vie ! Il n'y a pas pire cancer que ce genre de maladie qui vous exclut pratiquement de la société !
C'est pourquoi, je suis parmi ceux qui pensent que cet hôpital offre les meilleures perspectives de prise en charge mais aussi de recherche sur la pathologie du cerveau dans toute sa diversité. Les malades comme moi seront les premiers à en tirer des bénéfice certains… Je l'arrête en lui disant : «En t'écoutant, je viens de me rappeler qu'un jour tu m'avais dit que tu avais fait terminale philo !» Je comprends donc parfaitement ton raisonnement. Tout ce que tu dis est cohérent. En effet, les différentes spécialités du système nerveux central sont présentes ici et il existe une étroite collaboration. Il ne reste que la volonté de matérialiser un tel projet ! Tout y est : la plate-forme hospitalière et les hommes avec leur savoir-faire, c'est-à-dire le plus important.
Pardon docteur, une question me tient à cœur et je voulais avoir la position du neurochirurgien ! Ne pensez-vous pas que la démence, sans arriver au stade d'Alzheimer n'est-elle pas plus pénible qu'une quelconque néoplasie viscérale ? Toute la famille est traumatisée, bouleversée alors que le malade est totalement indifférent, voire inconscient…
La recherche appliquée doit se pencher sur cette pathologie qui détruit lentement mais inévitablement l'être humain. Lorsqu'on perd la mémoire, il n'y a plus de repères, plus d'émotions et c'est la mort lente et programmée dans l'indifférence.
Touhami mon ami, la pathologie du cerveau est complexe et multiforme, elle mérite qu'on lui consacre tout le nécessaire dont elle a besoin.
«Tu m'avais parlé tout à l'heure du cancer et sa problématique. Je te réponds que selon certains chercheurs, la cellule cancéreuse c'est d'abord une cellule normale et qui pour des raisons que l'on ignore encore, est comme frappée de folie ! Elle perd tout son programme et c'est l'anarchie dans la reproduction, la vascularisation, etc. Selon cette théorie, il faut donc traiter la cellule et la réinjecter… Tu vois que même ici la santé mentale intervient…
La douleur, un thème d'actualité trouve dans cet endroit le lieu idoine pour le développement. En plus de tout ce que nous venons d'évoquer, n'oublions pas la traumatologie crânienne et vertebromedullaire qui constitue une véritable plaie en neurochirurgie. Elle nous interpelle tous les jours, car elle pose de réels problèmes de prise en charge à tous les niveaux.
Je te signale qu'il y a aussi la pathologie malformative du système nerveux central et qui, selon des chercheurs, constitue le véritable défi du siècle. L'enfant et sa pathologie propre à son âge, soit psychiatrique, neurologique, ou neurochirurgicale et enfin la neurochirurgie fonctionnelle pour les tremblements, les mouvements anormaux, etc.
Il nous semble donc qu'une telle infrastructure hospitalière, réservée au cerveau, où les soins et recherches cohabitent en symbiose, devient aujourd'hui nécessaire, parce que le malade en a besoin et parce qu'elle est utile !» Avant de nous quitter, Touhami me rappelle à la réalité et me dit qu'il vaut mieux laisser la nature tranquille.
L'auteur est Neurochirurgien au CHU Frantz Fanon, Blida


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