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Recours à l'importation en dépit de l'autosuffisance
Publié dans El Watan le 06 - 07 - 2015

La récolte s'annonce fort prometteuse : entre 400 000 à 500 000 tonnes de tomate fraîche, prédisent les agriculteurs. Avec des prévisions non moins prometteuses, l'association Actom qui regroupe les professionnels de la filière transformation table, de son côté, sur une bonne production de concentré de tomate, tous brix confondus, qui pourrait dépasser les 80 000 tonnes réalisées en 2014.
Néanmoins, le spectre de la boîte «made in china» risque d'altérer ce climat d'euphorie : au premier semestre 2015, pas moins de 5000 tonnes de Triple concentré de tomate (TCT) ont déjà été importées de Chine et de certains pays membres de la GZALE, avons-nous appris de sources douanières, et ce, au moment où la campagne de cette année s'est ouverte avec des stocks d'invendus non négligeables, qui s'élèvent à plus de 35 000 tonnes de CT : «Nous n'arrivons toujours pas à comprendre comment, d'un côté, on appelle à consommer algérien, et que de l'autre on autorise l'importation de TCT chinois, qui plus est de qualité douteuse. Est-ce en agissant ainsi que l'on encourage et protège la production nationale ?» tonne l'un des membres d'Actom, propriétaire d'une grande usine dans la wilaya d'El Tarf avec des capacités de 1600 t/jour.
C'est dire que les velléités de faire du marché algérien un véritable «dépotoir alimentaire» où sont déversés toutes sortes de produits douteux, certains importateurs et même producteurs semblent les assumer pleinement.
En cela, ils sont encouragés par les avantages fiscaux et douaniers prévus dans les «échanges» commerciaux avec les pays de la Grande zone arabe de libre échange (GZALE). Il en est ainsi d'un puissant importateur de l'Algérois qui, flairant le juteux filon, s'est empressé d'ériger une prétendue usine de production de CT à Dubaï. «Prétendue», car en réalité c'est du TCT chinois qui y est transformé en Double concentré avant d'être revendu aux Algériens sous un label émirati, se révoltent d'autres conserveurs d'El Tarf.
Pour lui, la volonté politique visant à assurer une meilleure maîtrise du commerce extérieur existe certes. Les toutes dernières mesures prises par le gouvernement s'inscrivent dans cette lignée lorsqu'il souhaite «réduire les importations inutiles». Pour autant, l'on ne peut que s'interroger sur la pertinence de maintenir la voie libre aux achats de TCT chinois, américain, turc ou espagnol dont les effets seconds non désirés, pour ne pas dire les effets pervers, sont de plus en plus pesants sur la filière. Pis, avec la persistance de telles pratiques, c'est le spectre de la crise des années 2000 qui risque de refaire surface.
Car, est-il utile de le rappeler, ce n'est qu'en 2008, après une décennie de «déconfiture» dans laquelle la filière était tombée et d'incessants appels de détresse des professionnels que l'Etat était intervenu en ordonnant le rééchelonnement des dettes sous lesquelles croulaient la quasi-totalité des 22 usines du fait des importations effrénées de TCT et DCT : en moyenne, entre 60 000 et 70 000 t/an étaient annuellement importées de Chine, des USA, de Turquie et d'Espagne, pour ne citer que ces pays.
L'équivalent de 400 à 500 dollars/t (dernier choix), de 1000 à 1100 dollars/t (premier choix) devaient être amputées les devises publiques. Bien qu'elle ait mis du temps à se matérialiser, l'intervention des pouvoirs publics s'était avérée salutaire, puisque 8 des 22 conserveurs ont pu remettre leurs machines en marche et renouer avec les performances des années 1990.
Les producteurs dans l'embarras
Il en est de même pour les agriculteurs puisque parallèlement aux dispositifs incitatifs mis en place pour encourager la culture de la tomate industrielle, des facilitations sont désormais prévues dans le cadre des crédits de campagne auxquelles s'ajoutent les subventions de l'Etat, actuellement de l'ordre de 7,5 DA (4 DA destinés aux agriculteurs et 1,5 DA aux conserveurs).
Et ce sont justement ces subventions qui seraient, semble-t-il, à l'origine de l'exacerbation des importations de TCT. Et pour cause, «certains conserveurs se limitent à transformer le TCT importé en CT, tous brix confondus. En fin de campagne, ils présentent des dossiers où ils avancent de faux tonnages de tomates fraîches. Par cette manœuvre, ils engrangent l'équivalent de 150 à 200 millions de DA/an au titre de subventions. Plusieurs d'entre eux sont devenus si puissants qu'ils arrivent à peser et à imposer leur diktat sur le marché, en augmentant les prix d'achat de la tomate fraîche livrée par les agriculteurs.
Leur objectif étant de les aligner sur les cours du TCT importé», s'indignent nombre de conserveurs interrogés. D'ailleurs, cette année les agriculteurs proposent le kilogramme au prix de 15 DA contre 14 DA en 2014. Et par quel moyen parvient-on à agir de la sorte quand on sait que les subventions sont censées être versées directement aux agriculteurs ? «Les 4 DA/kg livré à l'usine sont à notre charge. A la fin de la campagne de transformation, nous fournissons des dossiers où sont comptabilisés les tonnages de tomate fraîche transformés.
C'est sur cette base que s'effectue le remboursement des 5,5 DA. Nous avons donc la possibilité de gonfler les chiffres relatifs aux volumes de tomate fraîche fournis par les agriculteurs», nous expliquent des professionnels de la filière qui ajoutent que «cette fraude est méticuleusement orchestrée par le trio : agriculteurs (grands propriétaires terriens), intermédiaires chargés des opérations de collecte de tomate, et conserveurs qui se partagent le butin».
Et ce, outre les 16 000 DA à l'hectare accordée par l'Etat aux fellahs au titre d'aide lorsque l'itinéraire technique est rigoureusement suivi pour la culture de la tomate en hybride. Pour celle fixée, cette aide est de l'ordre de 11 000 DA/ha. Notons que la semence hybride est importée à des prix exorbitants : il y a quelques années, elle était cédée sur le marché national à plus de 180 000 DA/kg.
Utilisés en culture à sec, ces plants hybrides peuvent donner des rendements de 900 qx/ha et plus de 1200 qx/ha en irrigué. Décidément, c'est tout le monde qui se sucre sur le dos du consommateur algérien, surtout ceux exerçant dans le circuit de l'importation de TCT, auxquels les portes de certaines banques demeurent grandes ouvertes et les devises facilement mobilisables.
Ce qui n'est pas le cas lorsqu'il s'agit de crédits de campagne dont dépend la survie des usines de production : «La campagne récolte/transformation il y a quelques jours vient de démarrer et nous n'avons toujours pas bénéficié des crédits nécessaires. Pourtant, le volume des crédits de campagne accordés à la filière représente à peine 30% de l'enveloppe annuellement affectée à l'importation du TCT», fulminent des industriels contactés.
La production des tomates algérienne a, en quelques années, recouvré ses meilleurs niveaux, les besoins nationaux oscillant entre 80 000 et 100 000 tonnes sont largement satisfaits et les possibilités d'exportation sont bien réelles, se félicitent-ils. Mais «pourquoi cherche-t-on à freiner cet élan, nous mettant, encore une fois, des bâtons dans les roues ?» s'interrogent nos sources.
Mieux, plusieurs d'entre eux affirment avoir consenti de considérables efforts aux fins d'assurer une meilleure productivité, une démarche qualité ayant été mise en œuvre par la majorité des unités de transformation de l'Est algérien, désormais dotées de matériel performant leur permettant de bien contrôler le produit acheminé à l'usine. Les potentialités, déjà fortes, de la région seront ainsi renforcées dans ce domaine.
En effet, totalisant plus de 145 000 t/an au titre de capacités de transformation, cette région contribue à hauteur de 95% à la production algérienne dans cette filière et pourvoit le marché du travail de quelque 300 000 postes d'emploi, entre permanents et saisonniers, dans l'amont et l'aval du cycle d'exploitation (agriculteurs, fabricants et distributeurs d'intrants, fabricants d'emballages métalliques et de cartons, de colle, transporteurs et distributeurs commerciaux des produits finis, etc.).


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