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Une halte féconde pour la mémoire
Publié dans El Watan le 03 - 11 - 2016

Il est des lieux qui, à un cycle de l'histoire, rejoignent l'univers du symbole de grandeur, pour inscrire ainsi glorieusement et indélébilement leur nom en lettres d'or au panthéon de la mémoire collective des nations. La vallée d'Ifri, à la Soummam-Ouzelaguene, est de ces lieux mythiques gravés à jamais dans la géographie mentale de la génération d'Algériennes et d'Algériens acteurs et témoins d'une épopée héroïque de la guerre de Libération. Un Congrès édificateur du rassemblement national, socle structurant du 1er Novembre 1954. Cette année, nous avons tenu à accomplir le vœu de nous rendre dans ce repère lumineux de la Révolution, qui a abrité le légendaire Congrès de la Soummam le 20 Août 1956.
Amirouche et la stratégique ruse de guérilla
Dès l'approche du lieu, une sensation de solennité émotionnelle intérieure et profonde nous a étreints pour découvrir le célèbre musée d'exposition d'un conclave unificateur de la Révolution algérienne, qui s'est déroulé au nez et à la barbe de l'occupant, cette fois-ci ridiculisé par un stratagème tactique de ruse de guérilla, dont la leçon magistrale lui a fait mordre pour longtemps les doigts, méditatif qu'il fût quant à l'œuvre de mobilisation massive, spontanée, unanime et collective d'une population et de ses moudjahidine.
Grâce à un témoignage d'un citoyen du village d'Ouzelaguene, rencontré en la circonstance, nous avions appris que sous le haut commandement du célèbre colonel Amirouche, toute la région d'Ifri s'était organisée à l'unisson de sa population pour assurer une importante logistique d'hébergement et de restauration de très importants contingents de moudjahidine chargés de la sécurité des nombreux congressistes. Les prestations de dactylographie et de reproduction par ronéo des résolutions du Congrès étaient assurées par un secrétariat d'opérateurs aguerris à cette tâche devenue en la circonstance une matrice essentielle pour la consignation de travaux d'un fait d'histoire capital.
Les femmes d'Ifri pionnières de la logistique du Congrès
A ce propos, il y a lieu de révéler le rôle stratégique primordial des femmes d'Ifri qui, en plus de la tâche gigantesque d'assurer les repas quotidiens à ce nombre impressionnant d'hôtes, veillaient minutieusement sur le mouvement des personnes dans leurs allers et venues systématiquement filtrées dans ce périmètre de logistique révolutionnaire hyper sécurisé qui était le leur.
Ce déploiement de mobilisation spectaculaire inhabituel dans cette splendide vallée a également nécessité une couverture sécuritaire d'un maillage spécial très renforcé des lieux balisés en zones imperméables hermétiquement quadrillées par les milliers de combattants de l'Armée de Libération Nationale de la Wilaya III, et ce, durant une quinzaine de longues journées d'été. Ce cuisant revers administré à l'armée coloniale a forcément fait réagir celle-ci dès l'annonce médiatisée de l'événement, où elle organisa une expédition punitive de féroces représailles contre la population civile prise en otage et soumise à un déluge de bombardements dévastateurs.
Une razzia barbare d'apocalypse
Des villages de la région d'Ifri Ouzelaguene, au nombre de 14, furent, en application de l'inique code répressif de la responsabilité collective, réduits en cendres en une journée funeste toujours ancrée dans la mémoire de la population traumatisée par une violence d'apocalypse, dont les traces de séquelles témoignent à ce jour du martyrologe de cette vaillante contrée hissée à un pan d'histoire majeure proverbialement perpétuée encore par d'émouvantes évocations populaires en son souvenir et à sa pensée.
C'est cette mythique épopée que nous avions avec ferveur revisitée à travers une véritable vitrine d'objets, machines à écrire, ronéos, d'armes, de documents, de tenues vestimentaires, d'uniformes de la résistance armée des maquisards et de reliques harmonieusement exposées à l'attention des visiteurs dans la perspective de la pérennisation d'un socle privilégié et fondateur du parachèvement organique de la proclamation du 1er Novembre 1954.
Une accélération événementielle de l'histoire venait de propulser la Révolution algérienne dans une nouvelle trajectoire d'une organisation adaptée aux normes d'une lutte de libération armée contre un colonialisme français de peuplement ségrégationniste et génocidaire de non-humanité et qui de surcroît était une puissance militaire mondiale membre de l'OTAN.
Une dynamique de renouveau pour la marche de la révolution
C'est ce sursaut salvateur qui s'est révélé porteur d'une puissante dynamique appropriée à la marche de la Révolution consolidée dès lors de l'ensemble des potentialités de structurations organisationnelles rigoureuses et hiérarchisées requises pour la concrétisation des objectifs du combat libérateur ciblés et planifiés en perspective de l'indépendance de l'Algérie.
La priorité s'articulait autour d'un axe vital pour doter la Révolution de nouvelles institutions et d'entités structurelles, notamment : la création du CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne), un Parlement du FLN (Front de libération nationale), qui, deux ans plus tard, donnera naissance au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne), une instance de légitimité politique de dimension internationale, le CCE (Comité de coordination et d'exécution), une direction nationale de la Révolution où ont été intégrées toutes les tendances du mouvement national.
Un véritable exploit salvateur et salutaire à l'époque dans un contexte politique miné par les séquelles de clivages d'un passé récent, de parasitage et d'explosives dissensions démoralisantes et démobilisatrices pour les militants et les masses populaires, désemparés à l'époque par une telle situation compromettante à leurs engagements et à leurs aspirations révolutionnaires. Ceci en complément d'un cadre opérationnel militaire de six Wilayas organisées, structurées et réparties sur l'ensemble du territoire national, élargi en cela par la Zone autonome d'Alger et la Fédération de France du FLN.
Cette dernière structure, une innovation inédite dans le monde, où la guerre a été transposée en métropole, sur le territoire du pays colonisateur, impliquant directement le peuple français dans le conflit sous le regard de la communauté internationale, ainsi urgemment alertée et tenue à témoin de la justesse de la cause du combat libérateur du peuple algérien pour sa souveraineté et son indépendance. La Bataille d'Alger et la Fédération de France du FLN : une décision du Congrès pour l'internationalisation du conflit.
Une avancée stratégique décisive également renforcée par la grève des huit jours à Alger du 28 janvier au 4 février 1957 décidée par le Congrès de la Soummam à dessein d'un recours aux Nations unies, objectif diplomatique privilégié inscrit en perspective d'une internationalisation du conflit algérien.
Abane et Ben M'hidi : Un tandem rassembleur d'unification nationale
En ce jour d'un lundi 20 Août 1956, toute l'Algérie combattante à travers ses régions et contrées était représentée à un Congrès fédérateur de rassemblement national porteur d'une dialectique patriotique de la Révolution algérienne, où de nombreux chefs historiques sous la houlette de figures emblématiques des immenses Abane Ramdane, le concepteur et initiateur de ces Assises de renouveau, et Larbi Ben M'hidi, le révolutionnaire pragmatique auteur de la célèbre devise d'universalité «Jetez la Révolution dans la rue et le peuple la reprendra» ont scellé le serment du peuple algérien afin de poursuivre la lutte jusqu'à la victoire finale qui réincarnera la renaissance de la nation algérienne.
Encore une éclatante démonstration instructive de la volonté et des sacrifices d'un peuple qui a réalisé ce qui relevait jadis pour des générations successives d'un rêve à vivre un jour dans le pays de leurs ancêtres enfin libéré et ressuscité du séculaire
naufrage colonialiste d'ethnocide.
C'est cette trame expressive de l'histoire que nous avions pu redécouvrir en ce lieu hautement symbolique de la tenue des historiques Assises de la Soummam, qui, il y a 60 ans, ont constitué le phare d'une Révolution dont l'empreinte restera à jamais vivace pour éclairer la jeunesse algérienne et les générations montantes. Pour la perpétuation du souvenir, ces repères structurants de la mémoire collective doivent ainsi s'ériger en une symbiose de liens avec ces lieux mythiques, substrat d'une patrie historique culturelle et affective.
Une plate-forme politique catalysatrice de modernité
La présence de milliers de visiteurs à Ifri, venus de toutes les régions du pays en pèlerinage de la mémoire, du souvenir et de la pensée sur les lieux évocateurs de l'historique rencontre de la Soummam, est un message testamentaire très fort de pérennité, de fidélité à l'endroit de tous ceux qui ont contribué à l'avènement éclatant d'une plate-forme politique, militaire et sociale catalysatrice de modernité pour le succès d'une Révolution de résurrection du peuple algérien qui a triomphalement arraché sa victoire d'indépendance de la longue nuit coloniale de plus de cent trente années durant.
Cette modeste contribution se veut être une rétrospective évocatrice d'un pan d'histoire majeur de la Révolution algérienne à dessein de dynamiser une réappropriation des repères fondateurs d'une longue lutte d'un peuple qui a consenti le sacrifice suprême par le don de soi en offrande à notre Algérie éternelle.
Des dates, des lieux et des liens d'histoire
De la proclamation du 1er Novembre 1954, à l'offensive du Nord-Constantinois du 20 Août 1955, au Congrès de la Soummam, le 20 Août 1956, à la Bataille d'Alger, de la grève des huit jours, du 28 janvier au 04 février 1957, aux actions révolutionnaires armées simultanément perpétrées le 25 Août 1958 à Paris et sur l'ensemble de la Métropole, le second front de la Fédération de France du FLN et tant d'autres dates symboliques des hauts faits de la guerre de libération qui ont tissé des liens humains de solidarité et de fraternité du peuple algérien dans des circonstances d'épreuves cruelles d'un long combat mené jusqu'à l'indépendance d'une chère patrie resurgie de l'abîme désastreux de la colonisation.
Ces dates et ces lieux constituent ainsi le creuset précieux d'un patrimoine mémoriel en legs générationnel à travers la fertilisation d'une culture de reconnaissance et gratitude à l'endroit des perspicaces visionnaires et architectes de la Révolution et de leurs valeureux compagnons d'armes, ainsi que du dévouement de ferveur militante exemplaire d'un peuple qui a suscité à l'époque l'admiration du monde entier et d'une humanité éprise de justice et de liberté .


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