La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, soutenues notamment par l'Arabie Saoudite, à des rebelles zaïdites, les Houthis, accusés de liens avec l'Iran. Le conflit a commencé à l'été 2014 avec la progression des rebelles vers la capitale, Sanaa, dont ils se sont emparés et qu'ils contrôlent toujours. Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, l'Arabie Saoudite, à la tête d'une coalition de dix pays, lance une opération militaire aérienne au Yémen contre les rebelles houthistes, minorité zaydite d'obédience chiite. Objectif : chasser les Houthis de la capitale, Sanaa, qu'ils occupent militairement depuis septembre 2014 et rétablir le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Riyad. Sur le plan régional, l'offensive vise à contrer l'influence de l'Iran. Le 26 mars dernier, soit un an après l'intervention de la coalition arabe, les partisans de l'ex-président Abdellah Saleh ont organisé séparément des manifestations à Sanaa. A cette occasion, ce dernier a déclaré : «Nous tendons une main pour la paix, la paix des courageux, pour des pourparlers directs avec le régime saoudien sans passer par le Conseil de sécurité» de l'ONU. Il a cependant appelé le Conseil de sécurité à «émettre une résolution imposant un embargo sur les armes au régime saoudien». De son côté, le chef des rebelles houthis, Abdelmalek Al Houthi, a qualifié, dans un discours le 25 mars, l'intervention de la coalition menée par Riyad d'«agression ayant provoqué un génocide». Et de constater : «L'agression et les agresseurs criminels ont seulement causé d‘énormes dégâts à tous les niveaux dans notre pays et dans la région.» Les raids aériens menés le 8 octobre par la coalition arabe contre une cérémonie funéraire dans la capitale yéménite, ayant fait 140 victimes, n'ont fait que compliquer le conflit. Les Houthis ont réclamé en conséquence une enquête internationale indépendante sur ce qu'ils qualifient de «crimes de guerre» de la coalition militaire arabe. Quant à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, il a appelé à la mobilisation à la frontière avec l'Arabie Saoudite pour venger les victimes des attaques de la coalition arabe dirigée par Riyad. «J'appelle les forces armées et les comités populaires à se rendre sur le front de guerre à la frontière» saoudienne pour «venger nos victimes», a déclaré Abdallah Saleh dans une allocution télévisée. Qualifiant le royaume wahhabite de «réactionnaire et rétrograde», l'ancien Président a exhorté ses compatriotes à «affronter cette flagrante agression tyrannique par tous les moyens». Depuis 2004, les Houthis mènent la guerre au pouvoir central de Sanaa. Jusqu'en 2010, six guerres ont eu lieu entre les deux belligérants. Le président de l'époque, Abdallah Saleh, aujourd'hui leur allié, les justifie par le fait que les Houthis veulent rétablir l'imamat aux dépens de la République. Le Qatar propose ses bons offices pour trouver une issue au conflit. Cependant, la médiation de 2007, suivie d'un traité en février 2008, n'a pas empêché la reprise des combats en avril de la même année. De son côté, Riyad est intervenu militairement en novembre 2009 à Saada, bastion des Houthis situé à sa frontière. En août 2010, un autre traité a été signé à Doha entre le gouvernement et les insurgés. Après le départ de Abdallah Saleh du pouvoir, ils poursuivent leur guerre contre les nouvelles autorités de Sanaa.