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«L'irrigation ne semble pas s'implanter durablement chez les agriculteurs»
Publié dans El Watan le 13 - 03 - 2017

Sachant que la céréaliculture est une culture pluviale soumise aux aléas climatiques, comment faire pour augmenter la production et réduire la dépendance vis-à vis des importations?
Certes, les conditions climatiques influencent fortement le comportement, et en particulier le rendement des cultures pluviales. Cependant, il faut noter qu'il existe de très grandes disparités entre les rendements de différents agriculteurs ayant des potentiels naturels identiques (sol, climat). Cela s'explique par le suivi d'itinéraires techniques appropriés dans le cas de bons rendements et le cas contraire si l'itinéraire technique est fort sommaire. Du point de vue agronomique, les solutions existent et elles sont connues de tous : il faut semer à temps, sur un sol sec et sans attendre les pluies, car les graines dans le sol se conservent sans problème. Il y a lieu ensuite d'assurer la fertilisation, le désherbage et le traitement phytosanitaire des cultures.
Force est de constater que, malheureusement, chez nous, le minimum technique n'est pas assuré par une très grande partie de nos agriculteurs pour des raisons sans doute objectives : absence de matériel approprié, non-disponibilité des intrants au bon moment, encadrement insuffisant des agriculteurs et du personnel technique des administrations agricoles concernées. Le morcellement des exploitations agricoles et leurs dimensions souvent incompatibles avec un revenu suffisant constituent aussi des contraintes qu'il va falloir lever tôt ou tard. Les espèces céréalières (blé dur, blé tendre, orge et avoine) n'ont pas les mêmes besoins du point de vue sol et climat, c'est ainsi, par exemple, que les blés durs doivent être réservés aux sols profonds, qui retiennent beaucoup d'eau et aux zones où la pluviométrie est suffisante. Réaliser les opérations culturales correctement et au bon moment exige un matériel agricole performant et de qualité que très peu d'agriculteurs peuvent se permettre. Nous pensons que l'organisation des agriculteurs en coopératives est indispensable.
Comment jouer sur les potentialités dans les régions phares ?
En Algérie, le ministère de l'Agriculture a toujours misé sur les régions dites à haut potentiel de production pour améliorer les rendements des cultures céréalières. Ces régions sont surtout définies par leur pluviométrie importante, disons supérieure à 500 mm par an, or, la nature du sol, notamment par ses propriétés physiques et chimiques peut intervenir considérablement dans l'expression du potentiel. Il faut préciser que dans une même exploitation, il est possible de rencontrer des terres profondes et bien constituées donc susceptibles de fournir de bons rendements, à condition d'appliquer un itinéraire technique approprié proposé par les agronomes de la région ; par contre, il peut se trouver des parcelles constituées de terres squelettiques que l'agronome averti retire de l'assolement- rotation. Ces terres peuvent être réservées exclusivement au pâturage des troupeaux, par exemple.
Pour tirer profit de ces zones dites à haut potentiel, il faut retourner aux fondamentaux : une collaboration étroite entre l'université, les institutions de recherche et le monde agricole. Ce n'est que par un aller-retour permanent, entre ces différents secteurs, que l'agriculture peut progresser. Il est impératif que l'agriculteur sache où il peut trouver des réponses à ses questions et la recherche scientifique trouver un substrat où elle peut mobiliser son formidable réservoir d'énergie constitué de chercheurs, étudiants et professeurs. Actuellement, malheureusement, nous voyons évoluer deux mondes parallèles qui ne se rencontrent jamais : les agriculteurs se débattent dans des problèmes qu'ils n'arrivent pas à résoudre, faute de connaissances scientifiques nécessaires, et les universitaires n'étant pas sollicités dans la résolution des problèmes locaux, régionaux ou nationaux se rabattent sur des sujets sans portée réelle sur le développement national.
Est-ce possible de développer la céréaliculture au Sud ?
Pour le développement de la céréaliculture au Sud, nous avons la chance de disposer d'une trentaine d'années de recul. En effet, les premières fermes pilotes dans ce domaine ont vu le jour en 1987 : deux fermes expérimentales de 1 000 ha chacune ont été réalisées par une firme américaine au compte du ministère de l'Agriculture à Fedjet El Beguel et Gassi Touil (wilaya de Ouargla). La figure 1 donne l'évolution des rendements de la culture de blé tendre obtenus durant la période 1988- 1997.
La chute régulière des rendements de 1990 à 1994 est due à l'envahissement de la culture par les mauvaises herbes, dont les graines ont été introduites par les semences de blé. On observe une remontée du rendement en 1995 grâce à une bonne maîtrise des plantes adventices suite à l'introduction de l'herbicide approprié par l'Onapsa. Malheureusement en 1996, le remplacement de l'engrais azoté, les ammonitrates, interdit pour des raisons de sécurité, par l'urée livrée tardivement, en février, a provoqué une chute brutale du rendement. Suite à des décisions administratives de l'époque, il a été mis fin à cette formidable expérience.
Heureusement, les premiers résultats encourageants ont attiré un certain nombre d'agriculteurs grâce à l'accès à la propriété foncière par la mise en valeur. Parmi eux, il me paraît intéressant de citer, au moins deux expériences réussies : M. Hadjadj, à El Goléa et M. Benhamouda, à Hassi El Fehel (wilaya de Ghardaïa).
La figure 2 donne l'évolution des rendements d'une culture de blé dur de 1989 à 2013 dans l'exploitation polyculture élevage de Hadjadj Mahmoud à El Goléa. On observe un rendement de 40 q/ha, la première année en 1989, puis une chute régulière jusqu'en 1995, puis une remontée assez nette pour se stabiliser autour des 50 q/ha à partir de 2003 à ce jour. Il y a lieu de préciser que des pointes de rendement de 80 q/ha ont été obtenues assez régulièrement dans les surfaces ayant un précédent pomme de terre ou oignon.
Au passage, il est important de souligner que cette exploitation existe depuis plus de 28 ans et l'introduction de la pomme de terre (600 q/ha) et du maïs (120 q/ha de grain) comme deuxième culture avant le blé, la même année, est un modèle que tout investisseur potentiel doit visiter. Le troisième exemple, qui mérite d'être connu, est celui de M. Benhamouda à Hassi El Fhel. Bien que cette exploitation soit contemporaine par rapport à celle de M. Hadjadj, et de polycultures élevage aussi, elle ne mérite notre attention qu'à partir de 2014 où le propriétaire a décidé de prendre le taureau par les cornes et mettre les moyens nécessaires : recrutement d'un ingénieur agronome ayant fait ses preuves dans la céréaliculture sous pivot au Sud, achat de pivots robustes et adaptés aux conditions de pression existante, achat de matériel agricole adéquat (puissance de traction, semoirs combinés indispensables dans les conditions sahariennes…).
Depuis cette date, le rendement moyen n'a pas cessé d'être amélioré, passant de 63 q/ha en 2014 à un pic de 72 q/ha en 2016. Ces exemples concrets méritent d'être connus de tous les investisseurs potentiels. Ces deux dernières exploitations, dont la durée d'existence approche la trentaine, montrent sans hésitation possible que la production de céréales dans le Sud est une réalité. Bien sûr, il faut s'interroger sur la durabilité de la ressource hydrique en utilisant les techniques de pointe d'estimation des réserves. Il est important de faire remarquer que les plus grands gaspillages d'eau proviennent de forages artésiens abandonnés où l'eau s'écoule, souvent à grand débit, sans que personne ne s'en soucie.
Les faibles rendements constatés sont souvent dus à la mauvaise utilisation du pivot (pression et débit insuffisant, buses inappropriées) et parfois aux défauts de celui-ci : casses fréquentes, fuites d'eau à tous les niveaux.
La production des céréales sous pivot d'irrigation, dans le Sud algérien, est parfaitement possible et elle doit être incluse dans tout programme de l'Etat qui vise la diminution des importations. Il est important de souligner qu'il s'agit d'une agriculture consommatrice de grands moyens humains, matériels et intrants agricoles. Elle nécessite un management rigoureux, sans faille. Dans ce sens, les mégaprojets comme le partenariat américain Tifra Lait à Adrar sont les bienvenus et ils sont susceptibles de contribuer fortement à la réduction de la facture alimentaire.
Quid du recours à l'irrigation d'appoint?
L'irrigation d'appoint des céréales qui consiste à apporter l'eau au moment où les besoins de la culture sont les plus élevés, c'est-à-dire durant la période qui encadre l'épiaison, formation du grain, est un moyen sûr d'améliorer et sécuriser les rendements et donc le revenu des agriculteurs. Cette technique qui a toujours fait partie des projets du ministre de l'Agriculture depuis plus d'une quarantaine d'années au moins (j'ai moi-même étudié l'effet de l'irrigation sur le rendement d'une culture de blé en 1976, dans le Haut Cheliff) ne semble pas s'implanter durablement au niveau des agriculteurs. A cela, à mon avis, l'absence de disponibilité de matériel d'irrigation pour de grandes surfaces ; l'irrigation par les enrouleurs et les asperseurs sont sensibles aux vents et nécessitent trop de temps. Les pivots mobiles et d'autres systèmes peuvent enclencher une dynamique dans ce domaine.


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