C'est le deuxième vendredi successif que le hirak a vu ses rangs s'accroître sensiblement et s'éloigner ainsi du creux de la vague estivale qu'il a connu entre mi-juillet et mi-août. C'est dire l'entrain que ce regain de combativité a insufflé à la manifestation d'hier, donnant corps aux espérances exprimées par les uns et les autres, que la rentrée sociale sera déterminante pour l'avenir. Cette fois, les slogans étaient tranchés et plus incisifs. Ils n'étaient pas scandés mais chantés en boucle sur les airs familiers des chants des tribunes des stades ou sur le rythme diwan des karkabou : «Asma3 ya Gaïd, daoula madania machi askaria» (Ecoute Gaïd, Etat civil et non militaire), «Ya hna ya ntouma» (Ou vous, ou nous), «Bassitou bina» (Vous nous avez menés à la perte), «Gaâ yetnahaou, chiyata, el fassidine», « Mada seb3a, essolta lichaab» et surtout «Karim Younès ma imathelnach ou Gaïd Salah ma yahkamnach» (Karim Younès ne nous représente pas et Gaïd Salah ne nous gouverne pas), «Bedoui, Bensalah ou Gaïd Salah à la poubelle !». Sur les pancartes, c'est la même tonalité avec «Un peuple rebelle contre un système poubelle», «L'Algérie dit non aux magouilles du régime», «Le peuple n'est pas sorti pour changer de président mais pour changer le régime et réaliser les promesses de l'indépendance».