Une vidéoconférence a débuté hier entre les chefs de l'Union européenne (UE), la chancelière allemande et le président chinois, selon des médias. La rencontre se tient en format réduit : le chef du Conseil européen (qui représente les 27 de l'UE) Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping. Au menu des discussions, les Européens souhaitent que leurs entreprises bénéficient en Chine des mêmes conditions que celles offertes aux firmes chinoises dans l'UE. La tâche s'annonce délicate : Pékin a déjà quelque peu refroidi l'ambiance en interdisant, samedi, toute importation de porc allemand en Chine, le plus grand marché de l'Allemagne hors UE, en raison d'un cas de peste porcine dans le Brandebourg (est). Autre dossier sur la table, le climat : alors que l'UE se donne un objectif de neutralité carbone pour 2050, les Européens veulent pousser Pékin à muscler ses ambitions en visant une neutralité carbone en 2060, un pic d'émissions de CO2 dès 2025 et en cessant la construction de centrales à charbon. Cette réunion intervient alors que les relations ne cessent de se détériorer entre Chine et Etats-Unis sur fond de guerre commerciale et diplomatique croissante. Bruxelles joue les équilibristes, considérant Pékin à la fois comme partenaire incontournable et comme «rival stratégique». «Il est crucial de parler à la Chine, tout en maintenant valeurs et intérêts de l'UE. L'heure est venue d'actions concrètes pour résoudre (nos) déséquilibres», a twitté Charles Michel hier. Si les Etats-Unis mettent la pression sur les Européens pour qu'ils excluent le géant chinois Huawei des futurs réseaux 5G, les 27 restent cependant divisés sur la question. Bruxelles devrait par ailleurs exprimer à Xi ses préoccupations sur Hong Kong, où l'application d'une nouvelle loi sécuritaire constitue, selon les Européens, une attaque contre les libertés de ce territoire semi-autonome. Les 27 ont déjà décidé de limiter les exportations d'équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hong Kong. La question de Taïwan, île gouvernée de façon indépendante mais dont Pékin revendique la souveraineté, devrait également s'imposer, après les menaces chinoises ayant suivi la récente visite d'un responsable politique tchèque à Taipei. Le sort des Ouïghours, minorité musulmane de l'ouest de la Chine victime d'internements massifs, pourrait être évoqué.